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Il s'appelle Nilem Boma Ndikum , camerounais d'origine, interpellé le 18 octobre  dernier, à Hendaye dans un train international en provenance de l'Espagne. Depuis lors, il se trouve en rétention administrative dans le centre  d'Hendaye, situé dans le département des Pyrénées-Atlantiques et la région Aquitaine et fait désormais l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Le tribunal administratif de Pau, s'est penché vendredi dernier 23 octobre 2009, ndlr) dans la matinée sur sa requête introduite après son arrestation .

Nilem Boma Ndikum a affirmé aux autorités françaises avoir fui le Cameroun en raison de son orientation sexuelle. Toutefois, il fait désormais l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.. Âgé de 21 ans, Nilem Boma Ndikum  risque d’être renvoyé vers le Cameroun, où il pourrait être arrêté en vertu de l’article 347 bis du Code pénal camerounais. L’homosexualité reste passible d’un maximum de 5 ans de prison dans ce pays, où en 2006 notamment, 11 hommes avaient été emprisonnés et soumis à de mauvais traitements et des privations de soins. L’un d’eux avait décédé peu après sa libération

Selon ses déclarations reprises par nos confrères de Ouest France, Nilem Boma Ndikum aurait été victime de brimades et de persécutions. En décembre 2007, suite à une dénonciation, il aurait été arrêté et battu par la police de son pays d'origine. Molesté aussi quelques semaines plus tard par une bande d'homophobes, l'accusant de transmettre le virus du sida en raison de ses relations sexuelles avec des Blancs. Victime, encore, d'un « harcèlement permanent ». « Les gens connaissaient mon homosexualité et avaient peur de moi », a expliqué le jeune Camerounais.

Toujours selon la même source, « S'il est renvoyé au Cameroun, on peut imaginer quel accueil il recevra, soulignait son avocate, Me Casau. Là-bas, il lui est interdit d'être ce qu'il est . L'homosexualité n'est pas admise au titre du droit d'asile, alors que Rama Yade a fait un beau discours aux Nations unies pour qu'elle le soit. Il y a là une contradiction française. ».

En attendant que le sieur  Nilem Boma Ndikum puisse introduire sa demande d'asile, des associations Gay en France comptent lancer à partir de la semaine prochaine une campagne de lettres afin d’empêcher le renvoi Nilem Boma Ndikum vers le Cameroun. Ces associations rappellent aux autorités françaises leurs engagements en vertu de la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés « qui dispose que les demandeurs d’asile doivent bénéficier d’une procédure équitable et satisfaisante et ne doivent pas être renvoyés dans un pays où ils risqueraient de subir de graves violations des droits humains. »

Le porte parole de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a quant à lui rappelé pour justifier l'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière que l'homosexualité seule n'était pas « de nature à annuler l'arrêté ». Et que dans le cadre de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, il appartenait au plaignant de rapporter les preuves des « traitements inhumains et dégradants », dont il avait été la victime

Me Casau le conseil de Nilem Boma Ndikum fera appel dès la semaine prochaine de la décision du tribunal administratif.

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