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Jeu, Avr

Kongossa
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Elle avait habitué ses fans à un style bien particulier: textes musicaux et gestuelle obscènes. Mais depuis peu, c’est dans un tout autre registre que « la scandaleuse » fait parler d’elle : la religion. En effet, de passage au Cameroun depuis décembre 2013, elle se présente autrement et tient un nouveau discours. « J’ai donné ma vie à Jésus-Christ. Il m’a transformée. Dans l’ignorance, j’ai effectivement posé de nombreux actes infâmes. Mais aujourd’hui, je suis au Seigneur. J’ai renoncé à la chair et je demande pardon à tous ceux que j’ai blessés alors que j’étais dans les ténèbres », clame-t-elle à qui veut l’entendre. Son « témoignage » draine une foule de curieux au ministère "Va et Raconte", une église de réveil bien connue à Yaoundé. Majolie, une de ses célèbres danseuses, des membres de sa famille et quelques artistes l’y ont suivie. Selon les responsables de cette église, 1200 personnes ont donné de ce fait leur vie à Jésus entre le 24 et le 30 décembre 2013, période essentiellement consacrée au « témoignage » de l’artiste.

Pendant des années, K-Tino était l’un des chantres de la musique polissonne au Cameroun. Plusieurs de ses titres ont caracolé en tête des hit-parades dans le pays. « Je n’avais jamais vu ça, mais K-Tino l’a fait. Elle a régné sur ces classements musicaux pendant 20 ans », assure Fabien Bobbo, un de ses anciens managers. La jeune fille qui tient alors une gargote et côtoie des chanteurs de bikutsi venant y manger du côté du quartier Nlongkak à Yaoundé, effectue une entrée fracassante dans cet art musical dans les années 90 avec « Ascenseur ». Le titre donne déjà un avant-goût de ce que sera sa discographie et même sa carrière. Le disque, tissu de grivoiseries, se vend bien. Tout comme ceux qui vont suivre : « Action 69 », « Viagra », « Egalité oblige », « Casser bambou », entre autres. Des titres suffisamment explicites où sexe, trivialité se la disputent aux propos grivois à la limite de l’inacceptable… Sa source d’inspiration et son fonds de commerce trouvés, l’artiste mène sa carrière vent debout.

Très vite, sa réputation sulfureuse est établie dans les bars et cabarets qu’elle écume. Jamais en retard d’un geste ou d’une parole obscène pendant ses prestations, K-Tino fait courir des foules. Le public en redemande et fait d’elle « la femme du peuple ». D’Escalier bar à Mvog- Ada à Carrousel, en passant par Le chalet, Eldorado motel Nkomo ou Odzala, elle traîne des tenues plus que sexy et chante des versions « originales » susceptibles de damner le plus saint des hommes. « J’ai régulièrement vu K-Tino déshabiller des hommes sur scène. J’ai également vu des hommes mariés quitter femmes et enfants pour venir vivre avec elle dans la maison familiale, heureux de circuler entre la chambre et le salon, un pagne autour des reins », confie encore Fabien Bobbo. « Je me souviens avoir manqué de me faire violer de peu par cette artiste alors que j’étais allée lui demander une interview. Elle était déchaînée, comme en transe. J’ai pris mes jambes à mon cou, alors qu’elle était morte de rire », affirme un journaliste. « Lors d’un concert en 1994 à l’Université de Ngaoundéré, elle a jeté par terre un père de famille et a mimé l’acte sexuel sur lui », assure un cadre administratif, ancien étudiant de l’institution. Les anecdotes du genre ci-dessus sont florès sur l’artiste. Elle jure pourtant, la main sur le cœur, avoir changé .

© Yvette MBASSI-BIKELE : Cameroon Tribune

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