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C'est un mini-Madoff à 1,5 million d'euros. Voilà la somme qu'a en effet pensé investir - et en réalité engloutie - la princesse Laurence de Bourbon-Parme "grâce à" un soi-disant banquier de haut vol, supposément proche d'Obama, qui n'était dans les faits qu'un escroc avec un abonnement au cybercafé, selon une étonnante histoire contée de ses débuts à son épilogue par le magazine Le Point actuellement en kiosques.

En 2008, alors qu'elle se consacre depuis une dizaine d'années à des écrits sur la spiritualité sous le pseudonyme de Gemme et du bénévolat en Inde (les deux se rejoignant parfois, comme lorsque la Revue de L'Inde publie un de ses articles sur le yoga), Laurence de Bourbon-Parme, sémillante quinqua, a le projet de créer une fondation : "J'ai un formidable sens de l'empathie, voire de la télépathie, déclarait-elle, dans des propos rapportés par Le Point. Il me fallait secourir les gens dont la vie manquait de sens. Je suis donc partie sur le terrain en Inde, pour aider les femmes intouchables [frappées d'exclusion des castes, ce qui est désormais interdit constitutionnellement, NDLR] à retrouver le respect d'elles-mêmes. J'ai contribué à la réalisation d'un film en cours de production sur un maître indien qui a reçu la conscience des plantes et de l'univers. Mais je voulais faire plus, lever de l'argent pour créer une fondation".

Survient alors, ô prodige, un homme providentiel. Jacques Lobé, un Camerounais disposant de suffisamment de culot pour se faire passer pour un très proche de Barack Obama et un roi de la finance internationale - un bluff qui a parfaitement fonctionné sur la princesse naïve et accrochée à son rêve. "Banquier dans les hautes finances internationales en Amérique" : voilà comment il s'est présenté à ses frères francs-maçons, après avoir été initié à l'atelier Les Compagnons écossais de la Grande Loge de France grâce au parrainage d'un inspecteur des douanes - un comble puisque l'escroc, interdit de sortie du territoire depuis 1992, continue de voyager à l'envi.

Parmi ces nouveaux "amis" figure un certain Gérard B., particulièrement séduit par le bonhomme et les affinités étroites qu'il revendique avec l'équipe de Barack Obama. Ami de Laurence de Bourbon-Parme, Gérard B. flaire là une belle occasion de l'aider à créer sa fondation, grâce au soutien de ce banquier formidable et de sa société, l'Anglo-American Credit Union. "Je me suis trouvée face à un homme très respectueux, très posé. Il m'a raconté qu'il avait travaillé pour plusieurs personnalités politiques de haut niveau, dont Charles Pasqua", se souvient l'intéressée, qui concède : "Il ne courait pas grand risque à me raconter tout cela. Comment pouvais-je vérifier ? Cette rencontre a eu lieu au moment de mon anniversaire. J'y ai vu un signe. Je suis retournée en Inde, et, à mon retour, fin mai 2008, j'ai repris contact avec lui".

La proie ferrée, Jacques Lobé dispose le piège. Pour cela, il agite une nouvelle marionnette : Tom Daschle, ancien sénateur démocrate et conseiller d'Obama, qui aimerait, "vu [s]on importance dans le milieu bancaire", le voir intégrer le cabinet du futur président américain en cas d'élection. Un mensonge de plus peu coûteux à élaborer, tout comme ce T-shirt de campagne dédicacé de la main d'Obama qu'il prétend avoir rapporté de son dernier voyages aux Etats-Unis et offre à sa victime. Quelques bobards plus tard, il passe la vitesse supérieure : "Je vais devoir partir quinze jours à New York. Je travaille pour Goldman Sachs. Il va y avoir une crise très grave, vendez tout". Et Laurence de Bourbon-Parme de liquider l'intégralité de son épargne - 1,5 million d'euros -, que, sur le conseil avisé de son guide ("une de mes structures qui s'occupe de microcrédit avec Tom Daschle"), elle place à la Royal Bank of Canada.

 Mais Laurence de Bourbon-Parme commence à s'impatienter et désire retirer un peu d'argent pour ses besoins courants. "J'ai beaucoup à faire, soyez patiente", lui répond-on, avant de lui faire miroiter une invitation à l'investiture d'Obama : "Manque de chance, les listes d'invitation sont déjà closes. Il l'emmène en Sologne. C'est moins loin, moins glamour, mais il y possède une propriété de chasse. Et puis, il reçoit désormais avenue Montaigne où il s'est installé (...) pour un loyer mensuel de 8 000 euros", narre de manière édifiante Le Point, racontant un nouvel épisode d'esbroufe où l'homme fait croire qu'il est en ligne avec Washington pour discuter de son futur poste et subjugue son jumeau franc-maçon, qui continue à faire sa pub.

Deuxième alerte, à Noël 2008. Laurence de Bourbon-Parme a besoin d'argent, pour faire ses cadeaux. Elle envoie un mail à Jacques Lobé ainsi qu'au contact qu'il a mentionné au sein de la banque canadienne. Quelques minutes plus tard, Laurence reçoit un appel de Lobé, très courroucé. "C'est ce coup de fil qui m'a fait basculer, raconte la princesse. Mon fils a téléphoné à une amie commissaire de police. Deux jours plus tard, j'étais contactée par la brigade financière, qui m'a demandé si Jacques Lobé m'avait pris de l'argent". La suite est digne d'un film d'espionnage : Laurence "l'invite à boire le champagne chez elle et enregistre trois heures trente de conversation, puis elle engage des détectives privés". La vérité est sans appel : "le flamboyant escroc ne voit personne, hormis une ou deux conquêtes féminines, et sort juste pour aller au cybercafé d'où il envoie ses mails comme s'il était au coeur de Wall Street". Laurence porte plainte, la police fait une descente et saisit 25 clés USB, de faux documents, et une vingtaine de livres sur la manipulation mentale. Par la suite, d'autres victimes en ont fait autant, mais les enquêteurs supposent que d'autres se sont abstenues - par peur d'une mauvaise publicité. Depuis plus d'un an, Jacques Lobé est en prison.

L'affaire a toutefois un corollaire médiatique, que révèle Le Point. Lobé a également été "en affaires" avec les frères Bogdanoff, qui témoignent : "Il avait racheté les droits de certaines de nos oeuvres pour faire une série télévisée et nous a versé une partie de l'avance prévue par le contrat, explique Igor, marié récemment à Amélie de Bourbon-Parme. Ensuite, nous n'avons plus entendu parler de lui. Et nous sommes tombés de haut quand les gendarmes nous ont appelés. Ils avaient trouvé les traces de notre contrat au cours des perquisitions. Mais jamais cet homme, qui nous avait été présenté par des relations dans la production cinéma, ne nous a demandé de l'argent". Sans doute parce qu'il disposait déjà à cette époque d'une jolie manne bien mal acquise...

© Source : purepeople.com

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