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Berthe Andela, mère de la romancière camerounaise Calixthe Beyala, est décédée le 9 novembre 2009 à Bangui, foudroyée par un accident vasculaire cardiaque (Avc). Un mois auparavant, une première attaque l’avait déjà clouée au lit pendant des semaines. Malgré les insistances de Calixthe Beyala demandant l’évacuation sanitaire de sa mère, ses frères centrafricains, lui ont opposé une fin de non recevoir. «Ils ont dit que je fais ça pour leur montrer que j’ai beaucoup d’argent», indique-t-elle. Les suppliques de Berthe Andela qui souhaitait revenir au Cameroun pour suivre des soins, n’ont pas ébranlé le flegme de son fils Thierry Lengbe, colonel dans l’armée centrafricaine, par ailleurs directeur général de la sécurité présidentielle. «Maman a fait quatre enfants avec un centrafricain qui s’appelait Michel Lengbe. Ils se sont quittés il y a 40 ans. Elle repartait souvent en Rca pour rendre visite à ses enfants, mais cela faisait plus de 20 ans qu’elle n’y était plus repartie, jusqu’au mois de juillet 2009 où elle a décidé de s’y rendre à nouveau», explique Calixthe Beyala, fille de la défunte.

Depuis l’annonce du décès de leur maman, les deux parties n’arrivent pas à s’accorder sur le lieu d’inhumation. Et pourtant, selon les dernières volontés de la défunte, elle a souhaité que son corps repose sur la terre de ses ancêtres, à savoir le Cameroun. Les tentatives de joindre le colonel Thierry Lengbe qui réside en Rca, ont été vaines. Quelques fois, son téléphone qui renvoyait les appels dans la messagerie, a sonné plusieurs sans que l’intéressé ne décroche. Néanmoins, nous lui avons laissé un message dans sa boîte vocale pour qu’il apporte d’amples explications sur son refus présumé d’appliquer les dernières volontés de sa mère qui semble-t-il, a souhaité être enterrée dans sa terre natale. Sa sœur consanguine Edith Mengue, qui réside au Cameroun a rappelé les dernières volontés de sa mère. «Maman a demandé à être enterrée au Cameroun dans ses dernières volontés. Ceux qui sont en Rca le savent et ne le nient pas. Mais on ne comprend pas pourquoi nos frères refusent qu’elle soit enterrée chez elle». Selon Calixthe Beyala, sa mère se plaignait des mauvais traitements dont elle était victime depuis son arrivée chez ses enfants en Rca. «Avant qu’elle ne tombe malade pour la première fois, elle manifestait déjà le désir de rentrer et mes frères refusaient. Ils lui ont retiré son téléphone pour qu’elle ne m’appelle pas. J’ai dû passer par ma sœur pour lui parler quand je suis venue à Douala.

Et dans notre conversation elle me suppliait de tout faire pour qu’elle rentre au Cameroun, qu’elle était maltraitée par ses enfants là-bas en Rca. Mais je n’y pouvais rien, parce que je ne suis pas une centrafricaine», explique la romancière. Excédée, elle a initié des contacts au plus haut de l’Union africaine, de l’Etat centrafricain et au Cameroun, pour que la dépouille de sa mère soit rapatriée. «Après qu’ils m’ont annoncé le décès de maman, leur cousin m’informe qu’ils sont décidé d’enterrer maman là-bas et que la parole d’un mort ne vaut rien», souligne-t-elle. Le frère aîné des enfants restés en Rca, Christian Lengbe, arrivé au Cameroun pour une réunion ce week-end, tente, selon les explications d’Edith Mengue, de convaincre la famille du Cameroun d’accepter que leur mère soit enterrée sur le sol centrafricain. «Tous font pression sur moi pour que j’accepte, mais je refuse parce que maman n’était pas centrafricaine. Et ils avancent la date du 21 novembre pour l’enterrer», précise-t-elle.

Pierre Célestin Atangana

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