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Sam, Aoû

Kongossa
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Le hold-up s’est déroulé dans la journée de jeudi 12 novembre 2009 sur l’axe Yaoundé-Mbalmayo. Revenant de Douala où ils sont allés acheter un véhicule pour le candidat de leur parti aux élections présidentielles équato-guinéennes, trois jeunes gens stoppent les deux émissaires d’un candidat à l’élection présidentielle équato-guinéenne à quelques kilomètres de la ville Mbalmayo. Les auto-stoppeurs se révéleront être  en fait des braqueurs. Sous la menace des armes à feu,  ils font descendre deux des trois occupants du véhicule. Le chauffeur camerounais n’est pas inquiété et les braqueurs remontent dans le véhicule et lui intimant l’ordre de rebrousser chemin, abandonnant leurs victimes sur la route, désemparés. Les Equato-guinéens n’auront que leurs yeux pour pleurer. Malgré tout, ils se débrouillent et regagnent la ville frontalière de Kye-Ossi où ils saisissent le chef de poste frontière d’une plainte. Dans leur déposition, ils mettent à l’index sieur Zouneidou, le chauffeur qui leur a servi d’intermédiaire dans la négociation pour l’achat du véhicule. Le procureur de la République du tribunal de grande instance d’Ambam saisi du dossier est descendu sur le terrain et ses premières conclusions font état d’une arnaque et d’un simulacre de braquage orchestré par sieur Zouneidou.

Ce dernier n’avait toujours pas jusqu’à hier soir lorsque nous recoupions cette information, regagné son domicile à Kye-Ossi depuis ce forfait. Depuis cet incident, les relations diplomatiques entre le Cameroun et la Guinée équatoriale ont encore pris un sérieux coup de plomb dans l’aile. Le climat de xénophobie en Guinée-équatoriale contre les ressortissants camerounais s’est encore plus exacerbé. «Les Camerounais sont de plus en plus menacés, il ne serait pas exclu d’enregistrer de nouvelles expulsions, malgré l’assurance que les autorités locales donnent à leurs homologues équato-guinéens de mettre rapidement la main sur les auteurs de ce hold-up», s’inquiètent un fonctionnaire au poste frontalier de Kye-Ossi. Des sources locales indiquent que le flux des échanges ainsi que le déplacement des hommes à partir de ce poste frontière ont connu un net ralentissement depuis cet incident. «Il n’est même plus permis aux Camerounais de franchir la barrière pour aller se procurer la moindre marchandise du côté de la Guinée-équatoriale», précise notre informateur.

Film de l’affaire

Pour mieux comprendre cette histoire, il faut remonter à la convocation du corps électoral de la Guinée-équatoriale pour la présidentielle de décembre prochain. Le président Obiang Nguema octroie 300 millions Fcfa à chaque candidat de l’opposition dont la candidature a été validée pour la campagne présidentielle. Depuis lors, on assiste à un important mouvement des candidats au niveau de la frontière entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale en vue de se procurer le matériel de campagne (gadgets et véhicules). C’est ainsi que le 9 novembre, deux membres d’une équipe de campagne de l’un de ces candidats de l’opposition font le déplacement du Cameroun. A Kye-Ossi, ils entrent en contact avec un Camerounais nommé Zouneidou «alias White», connu dan la localité de Kye-Ossi, soupçonné d’appartenir à un réseau de trafic de véhicules volés vers la Guinée-équatoriale.

Se faisant passer pour un agent de négoce, il conduit ses clients à Douala où ceux-ci achètent une voiture au montant de 3,5 millions Fcfa. Il leur propose de mettre le certificat de vente à son nom pour leur permettre d’éviter les tracasseries policières sur le tronçon de Douala à Kye-Ossi où ils devaient affronter plus d’une trentaine de barrières de police et de gendarmerie. Il les rassure qu’à Kye-Ossi, avec l’aide du chef de poste frontière qui est une solide relation à lui, le certificat de vente sera facilement muté en leurs noms. L’hameçon est avalé par les deux émissaires.  Dans leur déposition, rapportée par une source informée, les deux Equato-guinéens, ont indiqué que sur le chemin de retour pour Kye-Ossi, le chauffeur a passé le trajet au téléphone, échangeant en langue nationale (Bamoun) avec ses interlocuteurs invisibles, jusqu’à ce qu’il se fasse stopper par les trois braqueurs.

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