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Sam, Juil

Kongossa

Le cas de l’ex-promoteur de musique, dont les yeux auraient été crevés sur décision de justice au Moyen-Orient pour «feymania», n’a pas été notifié auprès de cette représentation diplomatique.

«A l’Ambassade du Cameroun en Arabie saoudite, nous n’avons pas encore été saisis d’une affaire Saah». Responsable du centre de communication de l’ambassade du Cameroun à Riyad, Suzanne Ngo Nlepna se veut formelle : aucun dossier lié à la prétendue condamnation du célèbre producteur de musique Jean-Pierre Saah «n’a été enregistré» à cette représentation diplomatique. «JPS», selon « Aurore Plus » de mardi dernier, convaincu de «feymania», a pourtant vu ses yeux «arrachés aux Emirats arabes unis (…), conformément à la loi de la charia» appliquée dans les Etats islamiques du Moyen-Orient.

 «La semaine dernière, relate le confrère, les autorités judiciaires ont décidé d’assouplir la sentence de la peine de mort qui lui était réservée pour celle de lui arracher l’un de ses organes vitaux, celui de la vue. C’est ainsi que ses yeux ont été arrachés de leurs orbites, avant d’être remis à l’autorité consulaire du Cameroun à Abu Dhabi.»

La zone de compétence de l’ambassade du Cameroun en Arabie saoudite couvre les Émirats arabes unis, dont font partie Dubaï et Abu Dhabi, insiste Mme Ngo Nlepna. Officiellement, la représentation n’a jamais été saisie ni par des individus, ni par le gouvernement des Emirats arabes unis. De plus, apprend-on, l’Association des Camerounais, qui a l’habitude de communiquer avec l’ambassade sur la vie et les activités des compatriotes aux Emirats arabes unis, n’a pour l’instant «rien envoyé à l’ambassadeur à ce sujet».

S’agissant de la peine prétendument appliquée au célèbre producteur, les recherches de Mutations concluent qu’aucune sentence ne prévoit de condamnation à cécité dans la loi islamique pour les voleurs : on se contente juste d’amputer une main. Une charia par ailleurs non appliquée par les Emirats arabes unis. Mais, au cas où les informations d’Aurore Plus se rapprocheraient de la réalité, on peut imaginer que le châtiment appliqué à «JPS» se rapproche beaucoup plus d’un règlement de comptes ou d’un acte de «justice» commis par des tiers.

Info ou intox ? Le sujet Jean-Pierre Saah ne peut laisser personne indifférent au Cameroun, et même au-delà. En juin 2003, la maison JPS Productions fut frappée d’un redressement fiscal à hauteur de             800 millions de Fcfa en France, où elle était basée. Un mois auparavant, des rumeurs annonçaient déjà l’arrestation de son promoteur par la police de ce pays pour «trafic illicite», ses collaborateurs européens estimant par ailleurs que leur couverture sociale n’était pas efficiente.

En août 1999, c’est le Marocain Hicham Mandari qui était arrêté en Floride, aux Etats-Unis, pour son rôle dans un gigantesque réseau de falsification de monnaie. Dans son réseau, on citait déjà un certain Jean-Pierre Saah qui, selon les médias du royaume chérifien, faisait partie des personnes chargées de la mise en circulation de la fausse monnaie à travers des opérations de change auprès d’organismes officiels. Le réseau, indiquait-on alors, avait «des appuis très influents non seulement dans les cercles du pouvoir en Afrique ou au Moyen-Orient, mais également en Europe». Le gang de «feymen» comptait en son sein de grosses légumes comme le conseiller spécial du président tchadien Idriss Déby, Hassan Faddoul Kittir.

Après avoir assuré le succès d’artistes camerounais de renom, Jean-Pierre Saah a, entre autres, produit les Congolais Werrason, Nyoka Longo (Zaïko Langa Langa), Félix Wazekwa ou encore Madilu System (ex-OK Jazz de Franco Luambo Makiadi). Le nom du flambeur a disparu des hits voici une décennie.

© Mutations : Félix C. Ebolé Bola

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