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Mar, Aoû

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Le pot-aux-roses a été découvert par une mission d’évaluation du ministère de l’Economie.

Sur instruction du directeur général de l’Economie et de la programmation des investissements publics, Dieudonné Bondoma Yokono, des équipes du Minepat ont sillonné les dix régions du Cameroun du 28 juillet au 3 Août dernier. Les travaux commandés s’appuyaient sur la dernière enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 3). Suivant ses conclusions, notre pays fait face à une accentuation de la pauvreté en milieu rural. Le taux de pauvreté y est passé de 52% à 55% entre 2001 et 2007. Toutes choses qui posent une sérieuse hypothèque à la réalisation des ambitieux objectifs d’industrialisation de la vision de développement à long terme.

Laquelle repose sur une révolution agricole et pastorale. "L’évolution de la pauvreté semble en outre compromettre la politique nationale en matière de développement sylvo agro pastorale et piscicole dans notre pays", indique le Dg. Durant leur séjour dans les régions camerounaises, les enquêteurs ont rencontré les délégués régionaux du ministère de l’agriculture et du développement rural (Minader), du ministère des forêts et de la faune (Minfof), du ministère de l’industrie, des mines et du développement technologique (Minimidt), ainsi que les leaders et membres des groupes d’initiative commune (Gic) et coopératives de producteurs.

Dans la région de l’Adamaoua, la mission du Minepat a détecté de graves anomalies sur le fichier des coopératives et Gics. Il a été établi, sur la base d’un rapport produit par le chef du service régional des coopératives et Gic de l’Adamaoua, Jean Didier Zé, que près de 10 Gic ont émargé sur le Budget d’investissement public (Bip) 2008 de cette délégation. En lieux et places des promoteurs des Gics, des fonctionnaires du Minader auraient déchargé illégalement des sommes d’argent oscillant entre 1 et 2 millions Fcfa.

Conac
Selon des sources internes à la délégation régionale, les délégués des Gics bénéficiaires auraient déclaré plus tôt à une mission du Contrôle supérieur de l’Etat qu’ils n’ont pu percevoir chacun que 100.000 Fcfa. Très remontée contre ce cas de détournements de fonds, Mme Asmaou, une bénéficiaire légitime de la subvention de l’Etat, a porté plainte au tribunal de première instance de Ngaoundéré contre le délégué régional du Minader, Souleymanou Abba. A en croire Jean Didier Zé, le phénomène des Gic fictifs -sous lequel s’abrite des fonctionnaires du Minader pour détourner des deniers publics- est courant dans l’Adamaoua.

Les techniques sont perfectionnées au fil des exercices budgétaires. Pour avoir les avoir mises à nu, le chef du service des Coop-Gic déclare qu’il a été menacé de mort plus d’une fois par les commanditaires de ces ponctions sur la fortune publique. Cette dénonciation d’un maillon de la chaine de travail du Minader intervient après celle de la Commission anti-corruption.
Dans un rapport daté du 27 février 2009, la Conac concluait que, des calculs effectués de manière sommaire, en attendant une enquête financière plus approfondie par les services compétents, "les sommes détournées (au Minader, Ndlr) s’évaluent à environ 700 millions Fcfa, au lieu de 1 200 000 000 Fcfa avancé par l’Acdic". Ces conclusions sont celles d’une mission d’investigation de cinq personnes, commise par la Conac. Elle faisait suite aux révélations de l’Acdic (Association citoyenne de défense des intérêts collectifs) sur les malversations financières dans la gestion du Programme maïs. Les fonctionnaires du Minader épinglés sont toujours en liberté.

Georges Alain Boyomo

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