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Yves Michel Fotso l'homme d'affaires camerounais dont la banque vient d'être placée sous administration provisoire par la Cobac, a fait une intervention téléphonique sur la chaîne Stv mardi 10 novembre 2009, au cours de l'émission «Cartes sur table». Pendant près de 20 minutes, il a répondu aux accusations de la Cobac et au panel composé de Hervé Emmanuel Kom, maître Emmanuel Pensy, Charles Ateba Eyene et Manassé Aboya. Extraits d'une intervention surprise qui restera dans les annales de l'émission présentée par Thiery Ngongang.

Sur les reproches de la Cobac

« Bonsoir, je suis Yves Michel Fotso (…) Qu'il y ait des reproches, je dis oui ; qu'il y ait eu des erreurs, je dis oui. Mais maintenant, est-ce que ces erreurs auraient conduis à un risque de cessation de paiement, je dis non. Tout le monde le reproche, y compris monsieur Djanga Djoh qui est un expert financier qui a passé cinq mois à la Cbc. Il reconnaît tout à fait que la Cbc est viable et devrait gagner un minimum de quatre à cinq milliards de Fcfa par an. Ce qui veut dire que quand vous parlez de 25 milliards en fonds propres, ce n'est pas un problème à ce niveau d'exploitation d'une banque. Ensuite, je voudrais dire que quand on arrive à un besoin de fonds propres et je pense que monsieur Hervé Emmanuel Kom, que je connais personnellement comme il l'a d'ailleurs lui-même dit, qui est banquier de profession le sait ; quand on parle d'un besoin de fonds propres, cela ne veut pas dire des pertes. Ça veut simplement dire que par rapport à des ratios qui sont réglementés, qui sont réglementaires. On a pris certains risques ne veut pas dire que ces risques sont concourus. Mais par rapport à la réglementation, il faut avoir des provisions suffisantes pour pouvoir couvrir ces risques. La commission bancaire intervient donc et dit : moi j'estime que vous n'avez pas de provisions suffisantes pour couvrir les risques en question et donc, il faut provisionner X francs. En appliquant donc cette réglementation, vous arrivez à des fonds propres négatifs. Je répète encore, ça ne veut pas dire que vous cessez de fonctionner. Alors, la Cobac donc a deux choix : soit comme en 2004, quand j'étais directeur général de la Camair, où j'ai pris des risques, où j'ai fais prendre des risques considérables à ma banque pour soutenir une entreprise nationale comme le disais monsieur Ateba Eyene. Parce que si le Cameroun n'a pas de banques, le Cameroun ne pourra pas mener sa politique économique. Si la Cbc n'avait pas été là, le Cameroun n'aurait pas pu soutenir la Camair. D'accord ?

A une époque, la commission bancaire estime que la Cbc a pris des risques inconsidérés sur la Camair. Mais à ce moment, la Camair n'appartient pas au groupe Fotso, c'est une société d'Etat. C'est une banque citoyenne qui prend donc des risques pour aider son pays. Dieu merci, le président Biya prend certaines décisions et ces remboursements sont couverts, parce qu'on estime que l'utilisation des fonds qui ont été avancés à la Camair l'ont été à dessein. Je ne vais pas revenir sur ce volet de l'histoire. Donc, je voudrais d'abord dire que je souscris tout à fait à la position d'Hervé Emmanuel Kom et de maître Pensy par rapport aux responsabilités des dirigeants de la Cbc.

Sur son interdiction de sortir du pays

Je viens aussi soutenir ce que dit monsieur Ateba Eyene. C'est-à-dire, et bien que maître Pensy ne veuille pas accepter ce cas là, le fait de ne pas pouvoir bouger, de ne pas pouvoir sortir du pays m'a empêché de pouvoir régler certains problèmes, parce que dans des histoires de gros sous comme on le dit, on ne règle pas les choses par visioconférence. Il faut se voir, il faut se parler et ici, je tiens particulièrement à remercier l'Etat Tchadien, qui sans aucune intervention de ma part, à tout seul décidé que son économie ne pouvait pas souffrir des conflits entre une entreprise et un autre Etat de la sous région, et donc, a pris les décisions qui s'imposent. Donc, je dis oui, pour les reproches, la Cbc n'a pas respecté certains ratios, mais je tiens à préciser que les ratios n'entraînaient pas une faillite ou un quelconque déficit d'exploitation. (…)

Sur le journal « Aurore Plus »

(…) Juste une parenthèse, le journal «Aurore Plus» n'avait pas raison, parce que Aurore plus a décidé (…) Je dis le journal «Aurore Plus», contrairement à ce que vous dites, il y a un an, n'avait pas raison. Parce qu'il est différent de dire qu'une entreprise est en faillite et qu'une entreprise ne respecte pas les ratios bancaires édictés par le régulateur et donc a des besoins de fonds propres de X francs. C'est deux choses tout à fait différentes et je suis certain que maître Pensy et Hervé Emmanuel Kom comprennent bien cela. Bon, maintenant, qu'ils veuillent défendre ce journal, écoutez, ce n'est pas le débat aujourd'hui (…)

Sur ce qu'il entend faire

Je dis oui, monsieur Hervé Emmanuel Kom et maître Pensy ont raison. Il y a des agents de la Cobac qui ont été impliqués dans le dossier Sdg. Hervé Emmanuel Kom a raison, on ne doit pas se mettre la Cobac à dos. Mais quand ça devient une structure qui est utilisée pour abattre des gens, je regrette, moi je suis prêt à mourir, j'accepte d'être sacrifié. Il y a des moments où l'intérêt national, l'intérêt supérieur, au delà de l'intérêt personnel doit primer. On ne doit pas se plier à n'importe quoi. Donc, je ne vais pas entrer dans ce débat. J'ai bien écouté ce qu'à dit Hervé Emmanuel Kom, qui est un spécialiste de la banque. Mais croyez-moi, je prépare les armes (par rapport au sommet) et par rapport à tout ce qui peut être dit et par rapport à l'attitude de la Cobac.

Sur la gestion de la Cbc

La rédaction des rapports de la Cobac. Oui, vous avez raison, la Cobac aurait du, si réellement la situation était compromise, elle aurait du mettre l'administration provisoire de la Cbc depuis bientôt un an. Si elle ne l'a pas fait, c'est qu'elle a estimé que la Cbc était fiable.

Je ne vais pas entrer dans ce débat. Par rapport enfin, à la situation actuelle qui (autorise ?) la Cobac à se précipiter alors qu'il y avait un conseil d'administration qui devait se tenir et qui devait évaluer l'état d'avancement de ce fameux plan de restructuration qui a été introduit depuis le mois d'avril, contrairement à ce que vous dites.

Qu'il y ait des récriminations depuis 2006, je dis oui. Nous sommes passés en conseil de discipline où je ne sais pas comment vous l'appelez au niveau de la Cobac en décembre 2006. Il n'y a pas eu de sanctions, parce que nous avons été capables d'expliquer les risques que nous avions pris. Maintenant que la crise financière ait emmené à ce que certains risques pris semblent compromis, ce n'est pas parce qu'un risque semble compromis que ça veut dire qu'il est devenu complètement compromis et je pense que Hervé Emmanuel en tant que banquier comprend bien ce je que je veux dire.

Sur son éviction du conseil d'administration de la Cbc

Mais, nous nous devons de respecter les décisions de l'organe de contrôle. Donc, il fallait provisionner. Les provisions entraînent donc des pertes, mais qui sont des pertes d'essence comme on les appelle, récupérables. Je ne vais pas entrer dans les détails et le jargon technique de la banque. Je dirais simplement que la Cobac actuelle, bien que vous ayez dit qu'il ne faut pas s'attirer les foudres de la Cobac, pour moi, personnellement comme vous l'avez lu dans la décision qui mettait l'administration provisoire de la banque, je suis visé personnellement. On demande de mettre à l'écart Yves Michel Fotso. Ce qui est une première dans le monde de la finance. D'accord ? L'organe de contrôle n'a pas le droit de (s'immiscer ?) dans les organes Fotso. S'il estime qu'il faut mettre une administration provisoire, il le fait. Il n'a pas le droit de venir dire: tel, tel ne doit ne doit pas être. Ce n'est pas son rôle.

Mais, écoutez, quand un gendarme, quand quelqu'un pointe l'arme sur vous, vous vous devez d'exécuter ce que cette personne dit, ou alors vous risquez de mourir. Mais je dis, j'ai proposé une chose à monsieur le gouverneur de la Béac. J'ai dis, on dit que Yves Michel Fotso a utilisé à des fins personnelles les fonds de la Cbc. Je vous assure que je m'offusque par rapport à ce qui a été dit. Et j'ai proposé au gouverneur de la Béac ce que j'ai proposé entre temps aux autorités camerounaises, de donner une procuration générale, pour qu'on aille voir dans mes comptes s'il y a eu de l'argent qui est parti de la Cbc, des transactions dites occultes pour venir m'enrichir. Comment pouvez-vous penser que quelqu'un peut scier la branche sur laquelle il est assis ? La Cbc c'est mon levier, les dividendes, j'en perçois aussi. J'ai donc proposé qu'une procuration soit délivrée de manière internationale, validée par les ambassades de tous les pays occidentaux, pour qu'on aille fouiller dans mes comptes pour voir si on retrouve de l'argent de la Cbc. J'espère bien que vous avez dit qu'il ne faut pas attaquer la Cobac. Mais comme a dit un homme politique célèbre : «Quand on se noie, on s'accroche même à la queue du serpent ».

J'espère que aujourd'hui, la Béac qui veut donner des leçons et qui elle-même s'est mise dans ses propres problèmes, j'espère que tant le gouverneur que certains membres de la Cobac, y compris ceux que vous citez, je ne veux pas les citer moi-même, ayant participé au dossier de la Guinée Equatoriale, peuvent accepter de donner des procurations pour qu'on aille fouiller dans leurs propres comptes pour voir si seul leur salaire, leur rémunération est capable de justifier leur train de vie. Enfin, je voudrais juste terminer en confirmant que tout ce que je peux dire, ne soustrait pas à la Cbc ses fautes. Mais vous savez bien, si on veut fouiller, la Société générale, pour ne citer que celle-là et d'autres banques, on trouvera toujours des choses à redire. Merci monsieur, de m'avoir accordé tout ce temps».

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