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Passé maître dans l'art de rouler ses adversaires dans la farine, Laurent Gbagbo a acquis le surnom de «boulanger d'Abidjan».

Surnom qu’il revendique ardemment. Le mercredi 26 septembre 2007 à New York, lors d’une  conférence de presse, il affirmait : ‘’ Quand on fait la politique, on vous donne des surnoms, et il vous faut toujours un surnom. Quand vous n'en avez pas, c'est que vous ne comptez pas et l'on ne fait pas attention à vous. Or moi, je suis heureux qu'on fasse attention à moi. Donc voyez, on m'a appelé boulanger, Si mes adversaires estiment que je les roule dans la farine, mais tant mieux pour moi. Parce que j'ai aussi mes rôles. Un homme politique, son rôle c'est de rouler ses adversaires dans la farine (rire)’’

Interviewé par Michel Dénisot en Janvier 2011.le Boulanger défendait encore avec véhémence son surnom en ces termes : ‘’Ça c’est un signe de respect …Mitterrand on l’appelait dieu, Jacques Chirac on l’appelait  "Jacquou le croquant" .Quand vous faîtes la politique à un certain niveau, on vous donne des surnoms, si mes adversaires m’appellent le boulanger, c’est que je les roule tout le temps’’

Cependant, une analyse critique de la crise ivoirienne nous montre que Laurent Gbagbo serait plutôt le ‘’dindon de la Farce’’, car il a été berné, trompé et Manipulé. C’est l’histoire rocambolesque de l’arroseur arrosé. Qui sont ceux qui ont roulé ‘’le boulanger d’Abidjan’’ dans sa propre farine’ ? Quels mécanismes ont-ils mis en jeu pour Parvenir à leurs fins ?

A l’issu  de la tentative manqué de coup d'État du19 septembre 2002, le pays est coupé en  deux zones géographiques distinctes : le sud tenu par les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN).Le pays s’embrase et sombre dans la guerre civile. Plusieurs accords visant à instaurer la paix sont signés. Le processus de paix est essentiellement basé sur le désarmement des rebelles et la ténue des élections dans un climat serein et propice à la réconciliation nationale. Le désarmement des rebelles est amorcé, La cérémonie de la’’ Flamme de la paix’’ marquant officiellement la fin de la crise est organisée. Mais les élections sont à chaque fois repoussées par Laurent Gbagbo qui estime que les conditions ne sont pas réunies pour des élections transparentes. En réalité, La Communauté internationale trouve que Gbagbo repousse indéfiniment les élections parce que lui  et ses proches ont peur d’être accablés pour de nombreux crimes et exactions qu’ils auraient commises depuis 2002.

(Assassinat Robert Gueï et de sa famille,  de Émile Boga Doudou ,Marcelin yacé, le charnier de Yopougon, le bombardement de Bouaké, la disparition de Guy-André Kieffer,l’assassinat de jean Hélène…)
Gbagbo repousserait  donc les élections pour  les organiser Lorsqu’il sera sûr d’être le vainqueur. Le processus Piétine .Face à cet imbroglio qui risque de refaire jaillir l’étincelle de la guerre, une opération de charme est montée de toute pièce pour pousser Gbagbo à aller aux élections. Cette opération consiste à faire croire à Gbagbo qu’il gagnerait les élections dès le premier tour, quelque soit son adversaire. Dans un télégramme  révélé par Wikileaks intitulé « Les élections en Côte d’Ivoire : le mythe et la réalité », l’ambassadrice américaine en Côte d’Ivoire d’alors, Wanda Nesbitt croit savoir que  «  La réalité: Il n'y aura pas d'élections sauf si le président Gbagbo est convaincu qu'il va gagner et il n’est pour l’instant pas sûr de son issue »

Le Blog Inner city press a récemment révélé des documents secrets français dont un télégramme français de 2005 qui affirmait à propos de la crise ivoirienne « Cette situation pourrait se prolonger aussi longtemps que la communauté internationale n’aura pas décidé de prendre résolument les affaires en main et d’imposer une solution. »Finalement, la solution prise sera de faire croire à Gbagbo qu’il a le soutien de la communauté internationale et qu’il sera vainqueur ‘’dès le premier tour’’

Le pouvoir des sondages

Des ‘’sorciers Blancs’’ coptés pour la mission vont   endormir  Gbagbo avec  des sondages mirobolants prédisant parfois sa victoire dès le premier tour. Ceci en vue de le pousser à organiser les élections.
‘’Réalisé du 24 août au 3 septembre par l’institut français TNS-Sofres sur la base de la liste électorale dite définitive, le dernier sondage d’opinion commandé par la présidence ivoirienne ressemblait à s’y méprendre aux six que cette dernière a fait réaliser depuis juin 2009 – Selon les résultats de l’enquête, Gbagbo arriverait en tête au premier tour de l’élection présidentielle  avec 45 % des voix, devant Henri Konan Bédié (26 %) et Alassane Ouattara (25 %).Au second tour, Gbagbo l’emporterait avec 55 % face à Bédié et 61 % face à Ouattara.’’

‘’Réalisée, en août, sur commande du Premier ministre, Guillaume Soro, une enquête d’opinion de l’institut Afrobarometer (une fondation universitaire américano-sud-africaine financée notamment par l’Usaid, l’agence de développement canadienne, plusieurs gouvernements scandinaves, la BAD et la Banque mondiale) aboutit à des conclusions similaires aux sondages Sofres sur les intentions de vote pour l’élection présidentielle ivoirienne, prévue le 31 octobre. Selon cette enquête, Laurent Gbagbo arriverait en tête au premier tour avec 37,1 % des suffrages exprimés, devant Henri Konan Bédié (14,3 %) et Alassane Ouattara (10,6 %). Au second tour, Gbagbo l’emporterait avec 63 % contre Bédié, et avec 67,8 % contre Ouattara.’’ JA

Fort de tous ces sondages trafiqués, Gbagbo est désormais persuadé de sa victoire et décide d’organiser les élections. En témoignent ses slogans : ''on gagne ou on gagne "
Conforté et rassuré par ses sorciers Blancs, il affiche une sérénité déconcertante lorsque jeune Afrique lui pose la question : ‘’ Tout de même, vous y croyez aux sondages…
-Bien sûr. Et tout le monde y croit en Côte d’Ivoire, même ceux qui font semblant du contraire.’’
‘’ Qui considérez-vous comme votre principal adversaire??
Si j’en crois les sondages, c’est Bédié. Et je le battrai.
Et Ouattara??
Ce sera sans doute plus facile. Mais peu importe, pourvu que mon adversaire soit sorti des urnes.
Une victoire au premier tour vous paraît-elle possible??
Je ne l’exclus pas.’’
Ça y est le boulanger a été roulé dans la farine.

Lorsqu’on lui pose la question sur une éventuelle défaite, Gbagbo réponds «  lorsque dix sondages, huit TNS-Sofres, un Gallup et un IREEP vous placent en tête depuis un an et demi et jusqu’à l’avant-veille du scrutin, il est rare qu’ils se trompent tous ».

A la question ‘’ Que ferez-vous si vous êtes battu??’’Il répond ‘’Je ne serai pas battu. J’y suis et j’y reste’’
Abordant la prévention de la fraude électorale et le désarmement des ex-rebelles, il se disait « globalement satisfait » de ce qui avait été réalisé dans ces domaines. « Je sais bien qu’il y aura encore quelques fraudes, qui ne seront pas de notre fait. Mais dans une mesure disons acceptable et quasi inévitable », reconnaissait-il.

Premier Choc psychologique

Les résultats définitifs du premier tour donnent Laurent Gbagbo en tête avec 38,04% des suffrages  contre   32,07 % des suffrages  pour Alassane Ouattara  et 25,24 pour Henri Konan Bédié.  Bédié  décide par la suite  de se rallier à Ouattara

Surpris par ces résultats ‘’improbables’’  et par cette ‘’Alliance contre nature’’ totalement éloignée  de tout ce qui  avait été ‘’prédit’’ par ses ‘’sorciers Blancs’’.Gbagbo est à présent conscient d’avoir été roulé dans la farine. Surtout qu’il reçoit le soir même un appel de Nicolas Sarkozy  qui le ‘’félicite pour la bonne tenue du scrutin et l’encourage à agir avec le même sens des responsabilités jusqu’au bout du processus – sous-entendu: il l’invite à respecter le verdict des urnes’’.Gbagbo est  donc invité à respecter  le verdict des urnes, car l'Élysée le présent  perdant. Gbagbo subit dès lors son premier choc psychologique, ce qui va l’amener par la suite à déclarer unilatéralement un couvre-feu soixante-douze heures avant le second tour, alors que rien n’imposait cette mesure d’exception forcément impopulaire et suspecte.

Deuxième choc Psychologique

Le  Dimanche 28 novembre, il est dans l’attente des résultats dans son QG de campagne du quartier d’Adoban, et les caciques du régime pour le rassurer lui donnent des fausses tendances des résultats en lui garantissant que «  le report des voix de l’électorat d’Henri Konan Bédié – tourne dans le bon sens. Les chiffres parvenus le donnent en tête avec 52 % des voix, contre 48 % à Alassane Ouattara. » « Vous voyez bien, lâche le président. Je savais que la greffe n’allait pas prendre. » Le Lundi 29 novembre,  Gbagbo paraît un peu moins sûr de lui. Tout le monde, à l’extérieur, commente la victoire annoncée de son adversaire, mais nul n’ose lui en parler. On annonce à Gbagbo que Soro vient de se rallier à Ouattara .Gbagbo convoque manu militari Soro dans son bureau mais personne n’ose crever l’abcès. Gbagbo décide de confier à sa seconde épouse Nady Bamba, la mission périlleuse de ramener et de maintenir Soro dans le camp Gbagbo. Nady revient en pleurs de son entrevue avec les collaborateurs de soro. Soro demandera par la suite à  l’ami de Gbagbo l’architecte Pierre Fakhoury  ainsi qu’à sa seconde épouse, Nady Bamba, de bien vouloir  prendre Gbagbo en charge psychologiquement et de le préparer à reconnaître l’inéluctable. Les carottes sont cuites ; soro a basculé.

Le mardi,30 Gbagbo apprend d’un représentant à la CEI qu’il aurait recueilli 46% des voix. Gbagbo accuse le coup et convoque à nouveau Soro. Il s’ensuivra une conversation houleuse. Soro affirmera par la suite avoir vu un Gbagbo « fatigué, désorienté ». Soro ajoutera :’’ Moi-même, je me suis rendu à sa résidence. Je lui ai dit ceci?: « Laissez la CEI proclamer les résultats, laissez les choses se faire. » J’ai vu un Gbagbo pressé de mettre un terme à notre entretien, autiste, un peu perdu, qui ne parlait que de pseudo-fraudes dans le Nord. Il a conclu?: « Va, je vais réfléchir, je te rappelle dans trois heures. » En sortant, je savais qu’il ne me rappellerait pas. Et j’ai pensé?: le pire est à venir.’’ Laurent Gbagbo,  aura un entretien téléphonique avec Sarkozy  qui se passera très mal. Il reçoit par la suite l’ambassadeur de France Jean-Marc Simon pour lui exprimer ses soupçons de fraudes dans le Nord.
Tandis que du côté de l’Hôtel du Golf, on annonce que ‘’Gbagbo est devenu fou’’.

En réalité Gbagbo n’avait jamais envisagé sa défaite tant ses ‘’sorciers blancs’’ l’avaient habilement roulé dans la Farine avec des sondages mirobolants. Son épouse, ses conseillers spirituels, ses sorciers blancs et  les caciques du régime lui conseilleront par la suite de s’accrocher au pouvoir.

‘’Pour nous gagner à notre perte, les puissances obscures nous disent le vrai nous gagnent par des futilités honnêtes pour nous trahir dans de plus grandes circonstances’’ Extrait de Macbeth de Shakespeare

A lire aussi :  Voici Comment Gbagbo le boulanger d’Abidjan a été roulé dans la farine (Acte II)

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© Source : wakeupafrica1
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