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Cipriano Nguema Mba. Enlevé avec la complicité de policiers camerounais  et de fonctionnaires internationaux, il s'est évadé de sa prison de Evinayong , et vit sous haute protection policière.

L'affaire était un véritable séisme  diplomatique . Et avait été révélée dans nos colonnes. Le 07 octobre 2008, les policiers camerounais Ibrahim Ndam et Hamidou Ndam se présentent au domicile du colonel Cipriano Nguema Mba, au quartier Etoudi à Yaoundé.

«  Ils étaient munis d'un mandat d'arrêt  et je n'avais aucune raison de leur résister », se souvient le colonel Nguema Mba. Les deux policiers le conduisent  à l'ambassade de la République de Guinée-Equatoriale, où ils le livrent à leur commanditaire, un haut fonctionnaire de cette chancellerie. Ce dernier, après avoir torturé le captif  l'exfiltre  vers la guinée équatoriale. Il se sert  d'un véhicule de l'ambassade, avec ses plaques d'immatriculation diplomatiques pour traverser  les barrages de police sans être inqiété . Le colonel Nguema Mba accuse le représentant au Cameroun du Hcr de l'époque,  Jacques Franklin d'être impliqué dans l'affaire. « Il a perçu près de 200 millions de FCfa, pour me livrer », a t_il déclaré. Une affaire d'argent donc, qui va très vite dégénérer en incident diplomatique entre le Cameroun et la Guinée- Equatoriale sont alors à la frontière du clash.

C'est que le colonel Cipriano Nguema Mba n'était pas n'importe qui. Il jouissait du statut de réfugié et était sous la protection du Hcr. Un hôte de la communauté internationale. Le Cameroun a ratifié la convention des Nations unies de 1951, relative au statut des réfugies, dont une des dispositions stipule que: les réfugies ne doivent pas être expulsés ou refoulés vers un pays où ils ont de bonnes raisons de craindre d'être persécutés.

L'ancien payeur général de l'armée équato-guinéenne jusqu'en 2003,était un homme traqué. Il s'était enfuit de son pays en 2004, pour se réfugier au Cameroun. Peu après, il  s'est rendu en Espagne en transitant par la Côte d'ivoire.  Son séjour européen va durer trois ans, avant qu'il ne décide de revenir au Cameroun  où il avait une affaire de vente de voitures qui marchait bien.

Mais les autorités de son pays  qui le soupçonnaient d'avoir fomenté un coup d'état et l'avaient déjà accusé d'avoir détourné un milliard de Fcfa, ne voyaient pas d'un bon œil qu'il s'installe si près de Malabo. Elles vont ourdir ce kidnapping qui va tendre au maximum les relations entre les deux États voisins. La situation va finir par revenir à la normale après une rencontre au sommet  entre les chefs deux d'États équato- guinéen et camerounais.

Le colonel Cipriano, lui, croupit en prison où il dit avoir subi interrogatoires musclés et tortures gratuites. En octobre dernier il va se faire la malle. Il  fausse compagnie à ses geôliers de la prison d'Evinayong où on l'a confiné « en pleine forêt, après 13 mois de tortures à Malabo, là où il n'y a pas de diplomates pour voir comment ils me tuent à petit feu », confie t-il. Le 17 octobre 2010, il est annoncé à Kye Ossi la frontière. Les autorités camerounaises le prennent tout de suite en charge. Le bureau camerounais du Hcr les a tenues au courant de la situation. Pour le Hcr, c'est clair: le colonel au Cameroun est en danger de mort. Une équipe de la Direction de la surveillance du territoire est dépêchée sur place à la frontière. Ce seront ses nouveaux baby-sitters.

Mais 10 mois après, le colonel qui a été rejoint depuis par cinq de ses proches, trouve que le temps commence à durer. Il souhaite partir du Cameroun, recommencer une autre vie, loin dans un pays où lui et les siens seront en sécurité.

Le jour : Aziz Salatou

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