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Ven, Fév

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Le ton de la correspondance ne laisse aucun doute sur le dépit de son auteur. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a vainement attendu ses invités vendredi dernier dès 12h pour une réunion de concertation. Il entendait, avec les opérateurs du secteur de la tôle ondulée (industriels lamineurs, onduleurs et distributeurs), ébaucher des solutions visant à mettre un terme à la grave crise généralisée de ce matériau de construction sur le marché national depuis de longs mois. Personne n'est venu, même pas Aluminium du Cameroun (Alucam), qui en fournit l'essentiel de la matière première. Et aucune explication ne lui a été fournie sur cette absence massive qui frise la défiance.

Quelque temps après, il a écrit au directeur général d'Alucam/Socatral, rappelant l'urgence qui s'attache à la résolution de ce problème. Dans cette correspondance, M. Mbarga Atangana révèle d'autres démarches du même type engagées par son département, mais qui à ce jour n'ont pas trouvé d'écho favorable auprès des opérateurs. A Alucam, il a dit oser espérer que "dans les soixante-douze heures, (elle saura) trouver les mesures propres à apaiser les tensions en cours sur le marché". Et l'entreprise, écrit-il, "sera désormais tenue pour responsable de toutes les conséquences qui pourraient découler de l'exaspération et du mécontentement généralisés des consommateurs".

Réajustement
Dans les services compétents du Mincommerce, l'on ne cache pas un certain embarras face à ce qui apparaît, de plus en plus, comme un imbroglio face à une situation qui contribue à entretenir des foyers de spéculation sur l'ensemble du pays. Pourtant, le 22 juin dernier, les pouvoirs publics et les opérateurs de la filière prenaient des engagements solennels visant à stabiliser les prix de la tôle ondulée en aluminium sur le marché national jusqu'en fin 2009.
Le 16 avril dernier, en rapport avec la mise en œuvre des mesures de lutte contre la vie chère, Luc Magloire Mbarga Atangana signait une convention avec les opérateurs. L'entrée en vigueur des nouveaux prix, qui coïncidait avec la chute des prix de l'aluminium sur le marché international, devait intervenir le 1er mai. Il annonçait également la descente sur le terrain d'équipes de contrôle.

Chez Alucam, les versions divergent selon les sources - toujours anonymes - pour justifier le renchérissement des prix au détail. Le dernier réajustement des prix de la tôle ondulée sur le marché, intervenu le 15 janvier 2008, obéissait à la hausse du prix de l'alumine de près de 1000 dollars sur le marché international. Depuis lors, la situation semble s'être apaisée mais n'a toujours pas été répercutée au Cameroun où la spéculation semble avoir fait son lit. Comme avec les Cimenteries du Cameroun (Cimencam) il y a quelques mois, le coup de sang de Luc Magloire Mbarga Atangana vis-à-vis d'Alucam semble traduire au moins un manque de fermeté ou d'autorité, si ce n'est la non maîtrise par son département de plusieurs secteurs de la grande consommation.

F(mutations)

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