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Mar, Juil

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Ils doivent être dans leurs petits souliers, ceux qui ont vendu au président Obiang Nguema, de Guinée équatoriale, l’idée de faire parrainer par l’UNESCO un prix portant son nom. On imagine que ces marchands d’illusions ont dû lui faire miroiter sinon l’immortalité, du moins un rayonnement sans fin dans le cénacle de l’éducation, de la science et de la culture.

Les amis du président ont sous-estimé les réactions hostiles des intellectuels et autres sommités dont l’aura alimente le prestige de l’UNESCO. Et qui soutiennent que la réputation de l’Organisation risque d’être ternie par une proximité avec un chef d’Etat que certains d’entre eux qualifient de despote corrompu…

Dire que, depuis tant d’années, les opposants équato-guinéens cherchaient, en vain, à sensibiliser l’opinion sur le fait que Teodoro Obiang Nguema n’est pas un démocrate ! A part quelques organisations de défense des droits de l’Homme, ils étaient peu écoutés. Voilà qu’une initiative du président lui-même réussit l’effet pervers de faire rimer son nom avec des substantifs aussi peu glorieux que dictateur, tyran, despote…

Un dossier qui traînait depuis 2008

Outré, le représentant de la Guinée équatoriale à l’UNESCO dénonce une stupéfiante campagne de dénigrement. Pour une opération censée rehausser le prestige de Obiang Nguema, ce Prix est, en effet, en train de tourner à la débâcle. Irina Bokova, toute nouvelle directrice générale de l’UNESCO, affirme que, pour l’image et le prestige de l’Organisation, l’on ne peut faire fi des nombreuses protestations des Ong, des chercheurs, des savants et même, paraît-il, de quelques Prix Nobel. La pauvre ! Elle a hérité de ce dossier – que son prédécesseur faisait traîner depuis 2008 – comme d’un colis piégé.

Certes, le président équato-guinéen a quelques défenseurs, notamment parmi les représentants des Etats africains à l’UNESCO. Mais leur argumentation est plutôt faible. Comme celle qui laisse entendre que l’on ne devrait pas regarder le financier mais les fonds. A distance, un diplomate occidental lui rétorque que l’honneur et le rayonnement intellectuel ne s’achètent pas, en tout cas pas à l’UNESCO.

Devant un tel désastre diplomatique et médiatique, d’autres, à la place du président Obiang Nguema, auraient retiré leur offre. Et pourquoi ne pas aller mettre ses bonnes intentions en œuvre dans son pays, pour améliorer le sort de ses concitoyens, donc sa propre image ?

Après tout, si la terre entière vénère tant Nelson Mandela, ce n’est pas pour une gloire artificiellement acquise à l’extérieur, mais bien pour ce qu’il a fait, à l’intérieur de son pays, pour son peuple.

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