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Au guichet de l'agence Cbc de Yaoundé ce jeudi 12 novembre 2009 à 14h30, le ministre des Finances, Essimi Menyé rencontre un client venu faire un dépôt. "Que faites-vous ici lui demande-t-il. Je suis venu faire un dépôt, lui répond le client. C'est bien, continuer de faire vos dépôts, il ne faut pas vous arrêter ", lance-t-il à l'endroit de l'épargnant. Ainsi, pour aider les épargnants et les entreprises à ne pas céder à la panique, l'Etat va faire son entrée dans le capital de la Cbc. " Les décisions rendues par la Cobac, avaient pour effet de procéder à lift up de la banque, il lui faut du sang neuf pour qu'elle revive et reconstitue ses financements propres. Et pour assurer une meilleure remise à plat des chiffres, la Cobac a décidé de placer quelqu'un de neutre en la personne de l'administrateur provisoire, à la tête de la banque. Certes à l'instant où nous parlons, il y a beaucoup de dépôts, mais il manque des fonds propres à la banque pour qu'elle revive" a indiqué le ministre des Finances.

Ainsi, dans les semaines à venir, l'administrateur provisoire soumettra à l'Etat un plan de restructuration de l'établissement bancaire. Ce n'est qu'après avoir franchi cette étape que le gouvernement, selon le ministre des Finances, participera au financement des fonds propres de la banque, à travers la mise à sa disposition d'une enveloppe financière qui n'excédera pas 20% du montant global exigible pour la restructuration. "Il ne s'agit pas pour l'Etat de nationaliser la Cbc. L'Eta n'entend pas être l'actionnaire majoritaire de la Cbc. Mais il s'agit d'assurer la protection des dépôts des épargnants en tant qu'autorité monétaire. Pour cela, la Cbc devra continuer de fonctionner parce que tout le monde y a ses dépôts, les particuliers comme les grandes entreprises et les institutions aussi bien nationales qu'internationales", explique Essimi Menyé.

Si l'Etat décide de rentrer dans le capital de la banque, cela constitue un appel en direction des investisseurs financiers afin que par leurs apports, les fonds propres de l'établissement puissent se reconstituer dans les brefs délais. Aussi, selon le ministre des Finances, le propriétaire ne peut reprendre le contrôle de l'établissement que s'il met sur la table les financements nécessaires à la restructuration. "Nous lui avons donné plus d'un an pour refinancer le capital de la banque. Mais il n'en a pas été capable. Les fonds de la banque ont été investis dans les entreprises du groupe, et aujourd'hui, ils sont incapables de rembourser. Si l'Etat rentre dans le capital c'est parce qu'il dispose de ressources suffisantes pour supporter la Cbc, et cette fois il sera partie prenante parce qu'il faut que la banque retrouve son ratio prudentiel", a indiqué Essimi Menye, qui a aussi tenu à préciser que cela devra se faire avec le maintien des dépôts des différents clients de la banque.

D'où les propos rassurants qu'il est venu leur tenir. La Cbc, d'après le ministre des Finances, n'est pas le seul établissement bancaire du Cameroun qui ait reçu le soutien du gouvernement suite aux frasques des dirigeants. Amity Bank s'était refait une santé grâce au financement de son capital par les fonds de l'Etat. Cette entrée dans son capital avait mis fin à la mésaventure financière qui avait ruiné sa crédibilité, et mis en déroute ses clients. Au groupe des 27 actionnaires de la Commercial bank of Cameroon, il va désormais s'ajouter l'Etat qui aura une part importante, et sera aux premières heures du plan de restructuration l'un des principaux actionnaires avec 20%, devant la société DEG 15%, Fotso Yves Michel 14,51%, Fotso Victor 10,61%, Dawney Ltd 9,67%, SnacTiard 8,90%, ou encore Abassi Daouda 7,14%.

Pierre Célestin Atangana

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