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Mar, Aoû

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 Les opérateurs économiques nationaux du secteur dénoncent,les pratiques des Indiens de la Société metafrique Cameroun, seule habileté pour le moment à acheter la ferraille et à exporter le fer. « Il y a péril en la demeure et il faut que les pouvoirs publics fassent vite, pour remettre les choses dans l’ordre, s’ils ne veulent pas tuer le marché de la ferraille au Cameroun ». C’est les termes qu’utilise Boniface Natadjom Téné, le président des collecteurs de la ferraille et des déchets ferreux, pour décrier le flou et la tourmente dans laquelle est plongée cette activité. Une activité désormais menée sur toute l’étendue du territoire national, au profit de la société indienne Metafrique Cameroun, ex-Comagri, basée à la zone industrielle de Bassa à Douala. Parce que, jouissant de l’avantage d’être la seule société qui transforme la ferraille collectée sur place.

 Le 4 janvier 2010, malgré la morosité des périodes d’après fêtes, les collecteurs de ferraille affluent au siège de l’usine de Metafrique Cameroun  pour livraison. Dans le même temps, certaines entreprises venues s’approvisionner en fer produits ici pour divers usages, repartent avec leurs camions chargés. Preuve que « cette société indienne vit et que les affaires marchent pour elle », comme le précise Boniface Natadjom Téné.  A sa suite, tous les opérateurs locaux dans les activités de collecte de la ferraille dénoncent la situation de  « monopole » dont jouit cette société dans ce secteur d’activité.

 Pourtant, du fait de ce monopole à lui accordé par un arrêté du ministre de l’Industrie, des mines et du développement technologique (Minimidt), en date « du 19 juillet 2008, fixant les modalités de collecte, de transport, de stockage, de transformation de la ferraille et des déchets métalliques », c’est la galère du côté des opérateurs nationaux, qui ne disposent pas de structures pour transformer la ferraille collectée sur place. « Cet arrêté est appliqué au détriment de notre société », affirme Boniface Natadjom Téné, parlant de Cadis Sarl, dont il décrie également « la fuite de partenaires, et un loyer élevé impayé depuis un an au port de Douala à cause d’arrête brusque d’activité ». Il s’ajoute à cela, la mise au chômage de presque 1000 personnes.

 Patrimoine

 

 Une situation d’autant plus déplorable que, l’ensemble des opérateurs locaux du secteur reconnaît à l’unanimité que, « cette seule société indienne ne peut pourvoir aux besoins des collecteurs de ferrailles ». Raison pour laquelle la première conséquence est la baisse drastique des prix d’achat de la ferraille collectée. Youssouf Njepmou, un collecteur de ferraille rencontré à la livraison lundi le 4 janvier à Bassa, explique que, « jusqu’en 2008, le prix de la tonne de ferraille oscillait entre 160 000 et 165 000 francs Cfa. Mais, depuis 2009, la tonne de ferraille n’excède pas 40 000 francs Cfa ». Une baisse des prix selon lui, qui découle du monopole de la société indienne. Ce qui entraine également la démotivation des collecteurs. « Si vous observez bien autour de vous, vous allez remarquer que, les gens qui fouillaient partout sont de plus en plus absents. Le volume de camions pleins de ferraille qui venaient de partout en direction du port, a diminué. C’est la preuve que l’engouement a baissé autour de cette activité. Les gens ne trouvent plus leur compte », explique Boniface Natadjom Téné.

Du coup, l’arrêté du Minimidt est remis en cause par le collectif de collecteurs locaux de ferraille. Pour eux, « c’est le glas des activités de la filière qui depuis bientôt trente ans, lutte contre la pollution,  éliminent et récupèrent les déchets pour un environnement plus sain ». Aussi, ces deniers trouvent que cette décision est en dehors de son domaine de compétence, et a empiété dans les champs des ministères de l’environnement et de la protection de la nature, ainsi que du ministère du Commerce. Au Minimidt, il est expliqué que, ledit arrêté vise à encourager l’installation au Cameroun, des entreprises de transformation de cette ferraille et des déchets métalliques, pour alimenter l’industrie locale en produits de son patrimoine. Pour sa part, Philibert Bowon, le directeur administratif de Métafrique Cameroun, justifie la baisse des prix que connaît la ferraille à l’achat au tonnage, comme « une conséquence de la fluctuation du marché international ». Mais, la vérité des activités de Metafrique Cameroun, ex-Comagri restant cependant, qu’elle achète à bas prix. Elle transforme cette ferraille dont elle exporte 80% du fer produit dans les pays de la Cemac et même au Nigeria. « Parce qu’étant une entreprise du registre de la zone franche, à vocation exportatrice », comme le précise son directeur général.

 

 

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