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Mer, Aoû

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En 2009, le Commissariat général belge aux réfugiés et aux apatrides a enregistré 302 demandes d’asile de ressortissants camerounais. 357 dossiers l’année suivante, 561 demandes en 2011. Et avant d’atteindre le mois de juin 2012, ce sont 221 Camerounais qui souhaitent être protégés par la Belgique. Suffisant pour que les autorités de ce pays s’inquiètent et tirent la sonnette d’alarme. Maggie de Block, secrétaire d’Etat belge à l'Asile et la Migration estime que « plus de 50% des demandes d’asile en provenance du Cameroun ne sont pas fondées. Certaines se font à base de faux documents ». Le Cameroun est un Etat stable et rien ne justifie une telle hausse des demandes d’asile, d’après Maggie de Block. 

Pour juguler le phénomène, la ministre belge a fait le déplacement du Cameroun pour rencontrer les autorités locales. Notamment, le ministre des Relations extérieures et le délégué général à la Sûreté nationale. «J’ai sollicité et obtenu le soutien des autorités camerounaises pour accélérer le retour des migrants-clandestins déboutés de leur demande d’asile», affirme Maggie de Block. Elle a aussi lancé, lundi dernier, une campagne de sensibilisation contre l’immigration clandestine qui durera six mois. Le royaume de Belgique et Solutions aux migrations clandestines (une association camerounaise) vont sensibiliser les jeunes afin que ceux-ci cessent d’émigrer illégalement. CT a rencontré Maggie De Block qui parle de l’ampleur du phénomène de l’immigration clandestine. 


«La Belgique n’accepte pas la clandestinité» 

Maggie de Block, secrétaire d’Etat belge, en charge de l’Asile et la Migration. 

Quelle est l’ampleur du phénomène de l’immigration clandestine des Camerounais dans votre pays ?

Pour le moment, nous avons une hausse du nombre d’immigrants en provenance du Cameroun. Et comme le Cameroun est un pays très démocratique et très stable, il n’y a pas de raison de demander l’asile chez nous. Par contre, il y a aussi beaucoup de demandes de visas pour étudier. On voit qu’un grand nombre d’étudiants n’étudient pas mais viennent pour d’autres raisons. Et ils sont fréquemment trouvés dans l’illégalité et dans des circonstances de vie très malheureuses. 


Quels sont les motifs qu’avancent les demandeurs d’asile ? 

Ils nous disent qu’ils demandent l’asile parce qu’ils se retrouvent dans divers groupes politiques qui ne sont pas tolérés. Ce qui n’est pas vrai parce que nous voyons une pluralité d’opinions politiques au Cameroun. Il y a une liberté de la presse ici au Cameroun. Ils disent également qu’ils sont menacés, etc. On fait des contrôles, on se rend compte que ce n’est pas vrai. C’est une administration indépendante, le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides, qui s’occupe de ces vérifications des demandes d’asile, en concertation avec divers organismes publics et associatifs des pays d’origine des demandeurs d’asile. 


Qu’attendez-vous des autorités camerounaises pour juguler ce phénomène ? 

On est venu demander l’aide du gouvernement camerounais pour mieux identifier les gens qui prétendent être Camerounais afin de les aider à retourner volontairement au Cameroun. Et pour ceux dont les demandes d’asile ont été refusées, nous voulons les renvoyer au Cameroun en accord avec les autorités camerounaises dès qu’ils sont interceptés. Nous voulons convaincre les gens qu’il n’y a pas de raisons de venir en Belgique seulement pour des raisons économiques. 


Au vu des mesures que vous prenez, la Belgique n’est-elle pas en train de fermer ses frontières aux étrangers ? 

Non. Parce que la Belgique, en tant que membre de l’Union européenne, n’est pas prête de fermer ses frontières. Nous prenons simplement nos responsabilités. Et quand nous constatons qu’il y a des groupes de ressortissants de certains pays stables qui viennent en grand nombre dans notre pays sans aucune raison, nous agissons en sensibilisant.

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