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Deux bureaux du secteur des douanes du Littoral I ont été retenus pour cette phase dite expérimentale. Douala port I et Douala port V. Les deux chefs de bureaux et la vingtaine des inspecteurs des douanes y rattachés sont passés tour à tour devant Minette Libom Li Likeng, la Dgd, récupérer leurs contrat. Un acte lourd de signification salué à chaque fois par une salve d’applaudissements des collègues des autres bureaux venus nombreux ce mercredi 10 février 2010 partager ces moments historiques pour l’administration douanière. Car, c’est la première fois que cette administration expérimente ce mode de fonctionnement.

Par ces signatures, ces hauts commis des douanes s’engagent à travailler dans le strict respect des indicateurs de performance mis en place par la Dgd, dans le cadre de son vaste chantier de modernisation. «Les chefs de bureaux s’engagent à manager les équipes dans le sens du respect des indicateurs de performance, le chef secteur s’engage à surveiller les deux bureaux, tandis que les inspecteurs s’engagent à travailler selon un cahier de charges mensuel », explique Minette Libom Li Likeng. Pour un départ, quelques-uns seulement des indicateurs ont été retenus. Ces indicateurs  exposés il y a quelques mois à la Banque mondiale, partenaire de cette opération, mettent en avant le critère efficacité et rapidité.

Engagements

Parmi les indicateurs retenus figure celui de la performance. Ici, le premier élément qui retient l’attention est la manière de traiter les déclarations par les gabelous. «Si par exemple un inspecteur a reçu 1000 déclarations sur le mois, et en a traité 950, cela veut dire qu’il a traité 95% des déclarations. Sur ce pourcentage, on doit pouvoir combien de déclarations cet inspecteur a traité le jour il les a reçues. S’il y a les déclarations liquidées, on analyse le nombre et apprécie les délais », déroule le chef de bureau Douala Port I. «Sur les déclarations liquidées, on fait également le point de celles ayant subi les contres-écritures, en tenant compte du minimum requis pour les redressements », ajoute Dominique Andomo Elanga.

D’après lui, cette précaution consiste à jauger la rentabilité des inspecteurs dans la lutte contre la fraude. Le second indicateur validé dans le cadre de ce nouveau système est la qualité du service rendu. L’accent est mis sur le « reroutage ». «Généralement, les inspecteurs font les reroutages sans contrôles et de manière fantaisiste. Désormais, si on se rend compte qu’un inspecteur a fait 10 reroutages, et le résultat produit est quasi nul, on conclut que ce n’était pas nécessaire d’en faire » (sic). L’indicateur sur la célérité est le 3e critère retenu. Ici, les inspecteurs se sont engagés à être plus rapides dans le traitement des dossiers. Même si Andomo Elanga reconnait que seuls, ils ne peuvent gagner ce pari. «Il y a les commissionnaires agrées en douanes qui prennent trois jours pour déposer la déclaration d’importation après l’arrivée du navire. Or, la machine ne dit pas le jour où l’usager a déposé le dossier », souligne-t-il, en exhortant les Cad à « jouer franc jeu ». Il va même loin, en proposant que, comme les inspecteurs, les Cad doivent prendre aussi des engagements.

Révolutionner les méthodes de travail

Dans l’ensemble, l’arrimage aux contrats de performance va révolutionner les méthodes de travail et contribuer par conséquent à la réduction des délais de passage. «Avant, on avait aucune base de travail. A la fin du mois, on sortait seulement la photocopie de la période écoulée. Désormais, ce n’est plus cela. Car, il y a des engagements pris à priori arrêtés avant le début du mois. Pour un mois quelconque, on délimite le nombre de déclarations à liquider, le minimum attendu en cas de reroutage, etc. », détaille Andomo Elanga. «Si un inspecteur ne remplit pas ces critères, le premier mois, on lui fait un rappel verbal à l’ordre. Le 2e  mois, s’il ne change pas, il est convoqué par le chef du bureau et si au 3e mois la situation perdure, on constate seulement qu’il n’est pas à sa place et on l’envoi en recyclage », précise un autre commis de la douane sous anonymat.

Douala Port I et V n’ont pas été retenus au hasard. Le port I s’occupe du dédouanement de toutes les marchandises en conteneur destinées à la consommation directe, à l’exception des véhicules. Ceux-ci sont gérés par port V, le second bureau expérimental. Douala port I réalise à lui seul 60 à 67% des recettes du secteur des douanes du Littoral I qui, réalise à son tour 53% des recettes nationales de la douane. Port V, quant à lui, même s’il n’a pas un tel record, la nature de l’activité lui confère une place privilégiée dans le microcosme national. C’est pour cette raison que la Dgd a préféré démarré cette opération par ces deux bureaux qui, en réalité constituent à eux seuls la douane camerounaise.

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