Sidebar

21
Mer, Aoû

International
Typography
  • Smaller Small Medium Big Bigger
  • Default Helvetica Segoe Georgia Times
La Guinée équatoriale exige la restitution des meubles saisis par la justice dans un hôtel particulier parisien. Un véritable trésor. Les relations risquent de s’envenimer entre la France et la Guinée équatoriale. Le régime de Teodoro Obiang ne décolère pas contre la saisie judiciaire du siècle effectuée par deux juges parisiens dans le somptueux appartement de l’avenue Foch à Paris, longtemps propriété de son fils. Les deux magistrats en charge de l’enquête sur les biens mal acquis – les soupçons de détournements effectués par une poignée de chefs d’État africains – ont vidé les 5.000m² de l’hôtel particulier.

Selon nos sources, les lieux étaient assurés, meubles compris, pour un montant astronomique de 180 millions d’euros. Ne restent désormais dans les salles vides qu’une table Empire que les déménageurs de la police n’ont pas pu emmener, trop lourde, et des lustres, ancrés au plafond, qui ont été placés sous scellés judiciaires. "Une caverne d’Ali Baba comme on n’en avait jamais vu", souligne un enquêteur. Pas de piscine dans ces cinq étages, mais une salle de bains de 300 m² avec Jacuzzi et salle de massage, une salle de jeux vidéo et de machines à sous, "exactement comme dans un casino"… Une discothèque avec piste de danse ultramoderne, un salon de coiffure, et même, comble du luxe, un cabinet de dentiste privé! "Le dressing à lui seul comportait des centaines de costumes et de chaussures, pour la plupart jamais utilisés. Autre raffinement, dans les salles de bains, les robinets sont en or, et l’eau qui coule est assortie à la couleur des faïences. Tantôt bleue, tantôt rose…"

Certains matins, "il restait des billets de 500" sur le sol

Une ancienne salariée des lieux a témoigné devant les enquêteurs des nombreuses « fêtes » qui avaient lieu quand le fils Obiang était de passage à Paris. Sur procès-verbal, elle a raconté que certains matins "il restait des billets de 500" sur le sol de la discothèque. En revanche, les juges n’ont pas trouvé d’argent liquide sur place. Le coffre-fort de l’immeuble, haut de près de 2 mètres, était ouvert à l’arrivée des policiers, mais vide. Et les objets de la collection Yves Saint Laurent achetés par le fils Obiang lors de la vente organisée par Pierre Bergé étaient introuvables, eux aussi.

"Cette perquisition est un cambriolage judiciaire, il faudra rendre les objets emportés jusqu’au dernier", tonne de son côté Me Olivier Pardo, l’avocat de l’État équato-guinéen. Le ministre de la Justice de Malabo, dans un courrier daté du 9mars, a écrit à son homologue français, Michel Mercier, pour se plaindre d’une "intrusion illégale" dans des locaux diplomatiques appartenant à l’État de Guinée équatoriale. Pas tout à fait faux. Le 17 octobre dernier, l’immeuble avait été racheté par l’État équato-guinéen, et les taxes et droits de mutation avaient été payés rubis sur l’ongle au fisc français.

Le ministre de la Justice de Guinée équatoriale demande au garde des Sceaux d’engager lui-même des recours. En cas de refus, la défense équato-guinéenne envisage de saisir la cour internationale de justice de La Haye. "Est-ce qu’on imagine un État perquisitionner une ambassade de France et saisir les meubles et tableaux?", peste Pardo. D’autres ripostes sont à l’étude à Malabo, comme ne plus accorder de visas aux ressortissants français, et priver de contrats les multinationales françaises installées dans cet eldorado pétrolier africain. Plusieurs émissaires parisiens ont été dépêchés sur place pour tenter de calmer le jeu.

© Source : Le JDD.fr

Overall Rating (0)

0 out of 5 stars
  • Aucun commentaire trouvé
Ajouter un commentaire