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Il est accusé de trafic d’ivoire, trafic de munitions et d’armes, corruption et abus d’autorité.

Il s’appelle Athanase Edou Mebiame, le sous-préfet Bolossoville dans le département du Haut-Ntem (nord du Gabon). Il a été arrêté le 2 mars 2013 et conduit à la maison d’arrêt d’Oyem, où il est détenu comme présumé trafiquant illégal d’ivoire. Des sources contactées sur place font état de ce que qu’il utilisait son véhicule de fonction pour transporter l’ivoire vers le Cameroun. Selon les mêmes sources, le suspect a déclaré à la police qu’il était impliqué dans le massacre d’éléphants et dans un commerce illégal d’ivoire.

Louis Mathot, qui dirige Conservation Justice, un groupe de défense de l’environnement qui travaille dans le domaine de l’application de la loi faunique, pense que « le fait qu’une autorité officielle soit impliquée dans le trafic d’ivoire montre l’importance de la corruption dans le trafic d’ivoire, qui pille le Gabon de son héritage naturel… C’est,- a-t-il poursuivi, - une opportunité pour le Gabon de montrer aux yeux monde, tous ceux qui sont impliqués dans le braconnage d’éléphants et le trafic illégal de faune, sa détermination dans l’élimination de cette activité».

Les enquêtes menées par le Projet d’appui à l’application de la loi faunique connu sous le sigle Aalf qui est l’organe de préservation qui assiste techniquement les autorités pendant l’opération qui conduit à l’arrestation des trafiquants, a exposé les techniques de ruse utilisées par les trafiquants et une ample information a été obtenue des 13 trafiquants arrêtés. Le Projet Aalf, qui travaille en partenariat avec le ministère gabonais des forêts, est une réplication du modèle d’application de la loi faunique du ministère camerounais des forêts et de la faune, basé sur la collaboration entre le ministère et l’organisation non gouvernementale d’application de la loi faunique appelée Laga.

Luc Mathot croit savoir qu’« avec ces dernières arrestations, les éléphants pourront actuellement avoir une chance de survie, et nous donner un brin d’espoir.» C’est le président de la République, Ali Bongo qui a lui-même donné le ton de la mesure, le 28 juin 2012, en mettant le feu sur 4000 kilogrammes d’ivoire. La mise en détention d’un haut fonctionnaire de l’Etat montre que la volonté manifestée au sommet de l’Etat pour l’éradication du phénomène.

Le sous-préfet, présumé trafiquant d’ivoire encourt une peine de 6 mois d’emprisonnement pour trafic d’ivoire, 3 ans pour trafic de munition et jusqu’à 10 ans pour corruption et abus d’autorité.

© Laga, WWF : Christophe Mvondo

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