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Les négociations ont été rudes. Il aura fallu quatre années de pourparlers serrés pour que Alucam et Aes-Sonel, sous la médiation du gouvernement camerounais, parviennent à l’accord qui a été signé vendredi le 20 novembre dernier à Yaoundé, entre le producteur d’aluminium et celui de l’énergie électrique au Cameroun. Lequel contrat va guider les rapports commerciaux entre les deux sociétés au cours des 30 prochaines années, à compter de janvier 2010. A en croire le ministre des Finances, Essimi Menyé, la principale caractéristique de ce nouveau contrat est que le producteur d’aluminium, qui consomme près de la moitié de l’énergie actuellement produite par Aes-Sonel, a consenti à payer le kilowatt d’électricité à 12,94 Fcfa contre 7 Fcfa par le passé.

En acceptant de faire passer sa facture d’électricité du simple au double, Alucam entend ainsi garantir sa fourniture en énergie électrique, dans la perspective de l’extension de son usine d’Edéa, dont la production devrait passer de 90.000 à 300.000 tonnes. Un projet qui induit l’accroissement des besoins énergétiques de l’entreprise, qu’Aes-Sonel devra satisfaire à travers de nouveaux investissements. Aussi, à Alain Malong, le Dg d’Alucam, qui a indiqué qu’avec la signature de ce contrat «les études sur le projet d’extension d’Alucam et la construction du barrage de Natchigal peuvent redémarrer» ; Jean David Bilé, le Dg de Aes-Sonel, à dit sa reconnaissance à son homologue d’avoir accepté de «payer un prix qui permet de couvrir les investissements» de Aes-Sonel.

De l’avis du ministre des Finances qui a arbitré les négociations au nom de l’Etat du Cameroun, qui détient 44% des parts dans le capital d’Aes-Sonel et 47% à Alucam, le contrat signé vendredi dernier vise deux principaux objectifs. D’une part, il s’agit de sécuriser la fourniture en énergie électrique de l’usine Alucam à Edéa, dont on a appris du Dg de cette société, qu’elle a dû faire face cette année à des rationnements du fait de certaines difficultés d’approvisionnement auxquelles Aes-Sonel est généralement confronté en saison sèche. D’autre part, l’accord conclu entre les deux entreprises devrait contribuer à un accroissement de la capacité d’approvisionnement d’Aes-Sonel, qui devra absolument couvrir les besoins d’Alucam estimés à 490 mégawatts en 2013, auxquels il faut ajouter 250 mégawatts supplémentaires d’ici à 2015.

Barrage de Lom Pangar
Des engagements que le Dg de Aes-Sonel croit pouvoir respecter, à condition que «les projets d’accroissement de la production de l’énergie électrique» dans lesquels le gouvernement camerounais est engagé se fassent rapidement. Il s’agit notamment de la construction de la centrale à gaz de Kribi qui devrait être opérationnelle en 2011, et surtout la construction du barrage réservoir de Lom Pangar, dont la mise en eau partielle est projetée en 2013, lequel projet conditionne par ailleurs l’optimisation de la production de la centrale de Natchigal qui fait également partie du programme de développement du secteur énergétique au Cameroun. Le chronogramme sus évoqué, le ministre des Finances a promis d’œuvrer pour son respect scrupuleux, afin de ne pas freiner l’élan des deux partenaires industriels que sont Alucam et Aes-Sonel.

Ces assurances d’Essimi Menyé naissent certainement de ce que lundi 15 novembre 2009, le gouvernement camerounais a bouclé le financement de la construction du barrage de Lom Pangar, à travers une table ronde des investisseurs organisée à Yaoundé. En plus des 150 milliards de Fcfa nécessaires, le gouvernement a obtenu 10 milliards de Fcfa supplémentaires des différents bailleurs de fonds, qui ont promis des participations financières au projet, à concurrence de 40 milliards de Fcfa pour l’Agence française de développement (Afd), 20 milliards pour la Banque européenne d’investissement (Bei), 34 milliards de Fcfa pour la Banque mondiale, 12 milliards de Fcfa pour le Fonds saoudien, 43 milliards pour la Banque africaine de développement (Bad), 7 milliards de Fcfa pour le groupe Value analytics et 10 milliards de Fcfa pour la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (Bdeac).

Brice R. Mbodiam

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