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L'information est quasiment passée inaperçue. Mais pas pour tout le monde heureusement. Et parce que le sujet est suffisamment alléchant, c'est à gorge déployée que de nombreux observateurs de la scène politique nationale et internationale, en parlent. Dans sa dernière livraison en effet, l'hebdomadaire international indépendant fondé en 1961 par Béchir Ben Yahmed, journaliste franco-tunisien, consacre sa grande Une aux 50 personnalités africaines qui ont, incontestablement et de façon déterminante, influencé la marche du continent au cours de l'année 2010. C'est-à-dire en dehors des frontières de leur pays d'origine, soit en se servant de leur position de pouvoir et de leur puissance comme d'un tremplin pour concrétiser leurs ambitions, soit en pesant de part leur envergure financière ou intellectuelle sur les choix des marchés et ceux de l'opinion publique. Mais ce qui alimente davantage la polémique an sein de l'opinion, est l'absence fortement remarquée de Paul Biya, le chef de l'Etat camerounais.

Critères

Selon François Soudan, le directeur de la rédaction du magazine, pour selectionner les lauréats, son étude est basée sur quatre critères: la notoriété, l'aptitude à peser sur le jeu diplomatique, le poids économique et le rayonnement moral ou culturel. Les heureux élus ont été classés par groupes dans cinq catégories, soit 20 dans la politique et 10 dans le business, la société civile, la culture et les médias.

Dans le groupe des hommes politiques, on retrouve 18 présidents de la République. A l'instar du guide de la révolution libyenne Moharnmar KhadafiJacob Zuma d'Afrique du Sud, Abdelaziz Bouteflika d'Algérie, le roi marocain Mohamed VIBlaise Compaoré du Burkina Faso, Mohammed Hosni Moubarak d'Egypte,José Eduardo dos SantosAbdoulaye Wade du Sénégal, Paul Kagame du Rwanda, pour ne citer que ceux-là. Mais plus proche du Cameroun, l'équipe conduite par François Soudan a également posé son dévolu Biographie du Président Denis Sassou-Nguésso du Congo Brazzaville et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée Équatoriale. Si a en croire Jeune Afrique, le premier a repris le bâton de médiateur régional depuis la mort d’Omar Bongo, l’autre président est à la tête du pays le plus riche d'Afrique centrale. Est-ce la raison pour laquelle il fait de plus en plus entendre sa voix, notamment à la Béac ? Naturellement, diront certains. Paul Biya, par contre, d'après le constat fait en parcourant les lignes de Jeune Afrique, ne fait pas partie des présidents les plus puissants d'Afrique, même pas au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac). Pourtant, on avait fini par croire aux lendemains de la mort de son homologue gabonais que c'est à lui que revenait le rôle de sage, ne serait-ce que fort de sa position de doyen de chefs d'Etat à la tête du pays le plus peuplé de la sous-région. De nombreux observateurs pensent que ce résultat est la conséquence de son isolement et de son manque d'intérêt aux problèmes des autres.

Critiques

Cet argument a été fortement rejeté par les fidèles du chef de l’Etat. Ces derniers pensent que les avant postes occupés par le président Biya ces dernières années auraient dû plaider à sa faveur. Selon eux, les faits d’armes parlent d’eux-mêmes. Car, ces prises de position ont toujours été appréciées et saluées par plusieurs de ses pairs. Même au-delà de l'Afrique. C'est d'ailleurs fort de toutes ces sorties qu'il n'a pas manqué de souligner lui-même lors de son adresse à la nation le 31 décembre 2010, que le Cameroun était à même de jouer un rôle notable sur la scène internationale et que la voix est désormais mieux écoutée et entendue. Dans la catégorie des affaires, ont retrouve parmi les 10 nominés Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement, le patron du groupe Sud-Africain de téléphonie mobile MTN (Mobile Telephone Network), Phuthuma Nhleko, le nigérian Arnold Ekpe le président du groupe bancaire Ecobank implanté dans 29 pays, un autre nigérian Aliko Dangote, la première fortune Ouest Africaine, et Jean-Louis Billon, le président de la chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire.

Dans la catégorie de la société civile sont cités Mô Ibrahim, un Britannique d'origine soudanaise qui a crée une formation pour promouvoir la bonne gouvernance en Afrique, la kenyane Wangari Maathai, prix Nobel de la paix en 2004, Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie,Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football. Il est présenté comme un acteur géopolitique non étatique d'envergure. Le deuxième Camerounais cité dans ce classement est Achille Mbembe, dans la catégorie culture et média. Cet historien, essayiste et politologue, est professeur d'université en Afrique du Sud. Jeune Afrique dit de lui qu'il est l'un des plus grands théoriciens de l'époque post-colonialiste. Son parcours est respecté de bien d’universitaires africains et américains. Malheureusement cette tête couronnée n'est pas reconnue comme telle dans son propre pays. Ali Dilem, chroniqueur au quotidien Liberté et à l'émission Kiosque de TV5Monde, figure également dans ce classement. Il en est de même de Abdelmalek Droukdel, le chef d'Al-Qaïda au Maghreb (Agni) dont l'organisation a été au cœur de l'actualité dans la région du Sahel en 2010, avec notamment plusieurs prises d'otages occidentaux.

Ce classement de Jeune Afrique où on ne retrouve que deux Camerounais sur 50, alors que le Sénégal aligne près de trois noms doit constituer un sérieux camouflet pour nous et nous inciter à plus d'ardeur et de sérieux dans l'accomplissement des tâches qui nous incombent et ce, même au péril de nos vies.

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