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Discrètement, les décaissements du Fonds monétaire international (Fmi) en faveur des six Etats membres de la Cemac, dont le Cameroun, sont restés bloqués plusieurs mois à la suite des malversations financières observées au bureau extérieur de la Béac à Paris. C’est en effet le 02 avril 2009 que le conseil d’administration de la Béac, en sa session ordinaire à Bata en Guinée équatoriale, a donné mandat au comité d’audit, pour réaliser une mission de contrôle complémentaire sur les comptes du bureau extérieur de Paris à la Société générale et à la Bnp Paribas. En plus du blocage des décaissements, tous les programmes ainsi que les revues conclus avec les pays de la Cémac ont été suspendus. Et risquaient d’ailleurs de ne pas être présentés au conseil d’administration du Fmi d’ici le 31 décembre 2009.
La levée de ces mesures et de celles qui planaient, prises par le directeur général du Fmi, Dominique Strauss Khan, et mises en œuvre par la directrice du département Afrique, Antoinette Sayeh, est effective depuis le 12 novembre dernier. Les Etats membres de la Cemac ont dû, au préalable, se plier à quatre conditions fixées par l’institution de Breton Woods. A savoir : la transmission au Fmi des termes de référence de l’audit confié au cabinet Mazars, la publication sur le site Internet de la Béac des comptes audités de la banque pour l’année 2008, la transmission au Fmi des rapports du comité d’audit, du contrôle interne de la Béac et du cabinet Mazars et enfin la publication sur le site Internet de la Béac de ces rapports d’audit et d’une déclaration du conseil d’administration de la banque.
Ces conditions ont été respectivement remplies le 25 septembre, le 5 octobre, le 31 octobre et le 27 octobre 2009. C’est seulement après l’application de toutes ces mesures visant à plus de  transparence dans la gestion de la banque, que la directrice du département Afrique du Fmi a écrit, le 12 novembre dernier, au président du comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac) avec copie à tous les ministres en charge des Finances des six pays membres de la Cémac. Une correspondance dont l’objectif était de marquer « la satisfaction de la direction générale et des services du Fmi quant à la mise en œuvre par la Béac des mesures convenues avec le Fonds ». 
On le voit, c’est sous la contrainte du Fmi que les organes dirigeants de la Béac ont laissé publier, sur le site Internet de la banque, les comptes audités pour l’année 2008, les rapports du comité d’audit, du contrôle interne et le rapport de l’audit confié au cabinet Mazars. Des documents aujourd’hui mis à la portée du premier venu. Tous ces rapports lèvent partiellement le voile sur les malversations financières au bureau extérieur de la Béac à Paris : 14,3 milliards de Fcfa portés disparus des comptes logés à la Société générale sur la période 2004-2007 et 2,3 milliards partis en fumée des comptes logés à la Bnp Paribas en 2008.
L’un des rapports accablants, a estimé que le gouverneur Philibert Andzembé avait minimisé, après une mission de contrôle comptable en 2007, l’écart des soldes bancaires au niveau de la Bnp Paribas. Un écart de 2,3 milliards Fcfa. Il a été rappelé à Libreville par le président Ali Bongo, avant que le conseil des ministres de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (Umac) ne suggère que, pour des raisons de nécessité de service, il rejoigne son poste à Yaoundé jusqu’à son remplacement effectif par la conférence des chefs d’Etat de la Cémac que certaines sources annoncent pour le 14 décembre prochain à Bangui en Rca. L’on est cependant sans nouvelles des poursuites engagées contre les responsables de la banque impliqués dans cette affaire.

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