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Les ministres des Finances des deux pays expriment leur incompréhension.

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Albert-Besse, Ministre centrafricain

Pour quelles rasons véritables la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) a-t-elle décidé, le 05 novembre 2009, de placer la Cbc, la Cbca et la Cbt, banques du groupe Fotso, sous administration provisoire ? Selon la décision de la Cobac, La Cbc n’aurait pas respecté un certain nombre d’engagements. (voir extrait de la décision ci-contre).
Toutefois, les ministres tchadien et centrafricain des Finances ont eu des réactions à cette décision qui font penser qu’ils n’ont pas cru aux raisons avancées. Dans une lettre adressée au président de la Cobac le 18 novembre 2009, le ministre centrafricain des Finances et du Budget écrit : «C’est le lieu de m’interroger sur les réels objectifs poursuivis par la Cobac dans le traitement de ce dossier car même le compte-rendu de la réunion de concertation élaboré par vos services et visé par vous seul, ne reflète pas la position des autorités monétaires concernées. Je rappelle que celles-ci étaient pour le statu quo».
La réunion de concertation à laquelle fait allusion Albert Besse dans cette lettre a eu lieu le 28 octobre 2009 à Douala. Gata Ngoulou, ministre tchadien des Finances et du Budget, avait, une semaine plus tôt, le 11 novembre, évoqué cette même réunion de Douala, dans une lettre adressée déjà au président de la Cobac. Il indiquait notamment dans sa correspondance que le compte rendu dressé à l’issue de ces travaux n’avait pas tenu compte «de la situation particulière de la Cbt (Commercial Bank Tchad, ndlr).
L’administrateur provisoire de la Cbt, cité dans la correspondance de M. Gata Ngoulou, a lui aussi réagi à la décision de la Cobac. Et lui, juste un jour après celle-ci. Le 07 novembre 2009, il écrivait en effet au président de la Cobac en ces termes : «Pour des raisons que je découvre au fur et à mesure du traitement de ce dossier, la Cobac vise d’autres objectifs que ceux fixés par les termes de référence sus visés».
M. Adam Adji disait également, dans sa correspondance : «Si la mission qui m’a été confiée d’accord parties avec les autorités tchadiennes et qui consiste à apporter ma contribution en vue d’aplanir les difficultés nées de la décision initiale et à contribuer au redressement de la banque, devrait se poursuivre dans le cadre de l’administration provisoire, je suis au regret de vous informer que je ne suis pas du tout disposé à l’accepter».

Correspondances

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Gata-Ngoulou, ministre tchadien
Ces différentes correspondances permettent donc de constater que la décision de la Cobac, si elle n’a pas suscité d’opposition des autorités camerounaises, n’a pas été positivement accueillie par celles du Tchad et de la Rca. Albert Besse, le ministre centrafricain des Finances et du Budget, s’est même montré complètement en désaccord avec la décision de la Cobac dans sa lettre du 18 novembre. «La situation de la Cbca ne nécessitait pas, j’en convaincu, la mise sous administration provisoire dont l’effet psychologique néfaste aussi bien sur le comportement du personnel que sur la réaction de la clientèle est contre-productif».
Une lettre à laquelle le président de la Cobac a répondu en ces termes : « La mise sous administration provisoire de laCbc et de la Cbca résulte du constat d’un manque de crédibilité des plans présentés. Le compte-rendu de la réunion de concertation du 28 octobre 2008 et la teneur des échanges qui ont eu lieu au cours de cette rencontre ne sont nullement mentionnés, ni parmi les documents visés ni dans les considérations figurant en préambule des décisions Cobac D-2009/204 et D-2009/205 portant mise sous administration provisoire respectivement de la Cbc et de la Cbca. S’agissant de la levée d’administration provisoire de la Cbt, l’engagement formulé dans la lettre C/234 du 10 août 2009 subordonnait cette opération à l’adoption par l’assemblée générale des actionnaires de mesures pertinentes à l’égard de la situation financière de l’établissement».
Ces différentes réactions de protestation, qui ne sont pas sans rappeler celles qui ont suivi la mise sous administration de Amity bank, resteront-elles sans suite ? La Cour de la justice de la Cemac a, le 13 novembre 2009, rendu une décision qui allait à l’encontre de celle prise en 2008 par la Cobac. Vers où s’achemine-t-on dans l’affaire Cbc ?
Jules Romuald Nkonlak

 

Les actionnaires de la Cbc

Capital : 7 milliards de Fcfa
Fotso Victor : 10,61 %
Abassi Daouda : 7,14 %
DEG : 15%
SNAC TIARD : 8,90%
Garga Bobore : 3,60%
Fotso Yves Michel : 14,51%
Juimo Monthe C.: 5,00%
Cie Fin. Du Littoral : 3,21%
LAVAN SA : 5,00%
Essome Antoine : 1,4%
CIS : 2,2%
Moctar Yaya : 1,4 %
Ndaibou Yaya : 1,4%
UNALOR : 1,06%
PILCAM : 1,11%
LECONTE Michel : 1,11%
SOMAPIL : 0,014%
SNAC VIE : 1,11%
Ousmanou Garga : 0,64%
DAWNEY LTD : 9,67%
Tchouta Moussa : 0 ?06%
Fossi Valentin : 0,57%
Doumbia Koman : 0,05%
SOPICAM : 0,02%
Prodinter : 2,86%
Fotso Group Holding : 2,14%

Cbc : L’administrateur provisoire aux commandes

Depuis un mois, les clients et le personnel de la banque du groupe Fotso apprennent à vivre sous surveillance de la Cobac.

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Le siège de la Cbc à Douala
Depuis le 2 novembre 2009, les organes sociaux de la Commercial Bank Cameroun ont été mis entre parenthèse. La direction générale ainsi que le Conseil d’administration ont vu leurs pouvoirs retirés, au profit d’un administrateur provisoire. La Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), en a décidé ainsi, au terme d’un long échange épistolaire avec la direction générale. Avec en cause, entre autres, de nombreuses créances dites compromises, la Cobac demandait à la Cbc d’apporter suffisamment de fonds propres, pour soutenir sa trésorerie. En tout cas, c’est en ces termes simples que se présentait la situation conflictuelle entre la Cbc et le gendarme bancaire de la sous région. De bout en bout, Yves Michel Fotso, au nom de l’actionnaire majoritaire, a soutenu que la Cobac était en droit de poser autant d’exigences qu’elle pouvait, tout en précisant que les fautes relevées dans la gestion de cet établissement bancaire n’étaient pas de nature à mettre en péril son fonctionnement normal.
Depuis la date du 2 novembre, la Cobac a, d’autorité, tranché. La décision portant nomination d’un administrateur à la Cbc était assortie d’une autre clause, à savoir, la mise à l’écart définitive de Yves Michel Fotso dans la gestion de la banque. Prenant acte de la décision de la Cobac, l’ancienne direction de la banque a laissé l’administrateur provisoire prendre ses quartiers, là même où il évoluait déjà, au tire de directeur général de la Cbc. Le gendarme bancaire n’est pas allé chercher trop loin. Il a donné mandat à l’un des maillons importants de l’équipe accusée de mauvaise gestion, pour piloter le nouveau quotidien de la Cbc. Depuis un mois et quelques jours, Martin Njanga Njoh a effectivement tronqué le manteau de Dg, contre celui d’Ap. Ses collaborateurs, qui restent essentiellement les mêmes, assurent qu’il n’y a à proprement parler pas eu de chamboulement dans la maison. « Juste un effacement total du Pca qui suivait notre travail au jour le jour ».
Hier, un cadre de la Cbc a confié que, « jusqu’ici, tout allait bien entre l’administrateur provisoire et les employés de la banque ». Sauf qu’avec la sortie du Minfi Essimi Menye, l’avenir des actionnaires et la situation sociale des employés sont entachés d’incertitude.

Denis Nkwebo

Les actionnaires de Amity Bank cherchent une issue

Malgré la décision récemment rendue par la Cour de justice de la Cemac, les enseignes de cet établissement sont jours invisibles.

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Le siège de Amity Bank à Douala, avant l'administration provisoire
Sur le plateau Joss à Bonanjo, l’enseigne de la Banque atlantique trône toujours au dessus de ce qui était communément appelé « immeuble Amity Bank ». A l’intérieur, aux guichets comme ailleurs dans le bâtiment, la couleur verte de la multinationale bancaire ouest-africaine domine de son éclat. Aucune trace donc de l’ancien pensionnaire de ces lieux. En effet, les actionnaires de Amity Bank tiennent fermement la décision de justice rendue à leur profit par la Cour de justice de la Cemac. Le 13 novembre 2009, l’auguste Cour a livré son verdict dans la procédure engagée par les actionnaires camerounais de Amity contre la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). Elle a déclaré nul et non advenue le protocole d’accord conclu entre la Cobac et le groupe Atlantique Banque le 10 janvier 2008 pour vice de procédure. Sanctionnant ce qu’elle considère comme étant un vice de procédure, la même Cour a également annulé la décision de la Cobac D-2008/52 du 4 juillet 2008, portant avis conforme de la Cobac pour la publication de l’arrêté de mise en restructuration de Amity Bank Plc et toutes les décisions subséquentes.
Pour les actionnaires de Amity Bank, la décision de la Cour de justice de la Cemac a l’avantage de les rendre leurs droits sur cette entreprise, tout en maintenant la banque à sa position au moment de la commission du forfait de la Cobac. Là s’arrête la victoire du droit, dans la situation postérieur à la décision de la Cour. A en croire une source proche de Christophe Sielenou, l’actionnaire majoritaire de Amity, « le ministère camerounais des Finances et la Cobac se comportent comme si rien ne s’était passé ». Notre interlocuteur condamne le mutisme affiché par la tutelle et soutient qu’il y a « une tentative de hold-up ». Et de conclure que « seule une poursuite sereine de l’option judiciaire peut aider à inverser la tendance ».
De tous les actionnaires de Amity Bank contactés, personne ne consent à s’exprimer sur la suite de l’affaire. Notre source proche du dossier a confié que lesdits actionnaires ont pris l’attache des plus hautes autorités politiques du pays, pour leur remettre les « preuves de la prise d’intérêt » dont certains hauts fonctionnaires camerounais se seraient rendus coupables, notamment en s’alliant à la Cobac pour faire disparaître Amity Bank.
Denis Nkwebo

 

Votre avis

Michel Nkamsu, contrôleur de poste et télécommunication

ImageLa Commercial Bank  Cameroun et Amity Bank ont payé de leur gourmandise. Les gérants de ces deux banques ont cru qu’en traitant avec les hommes d’affaires ils pouvaient gagner plus. Pourtant, la plupart de ces hommes d’affaires avaient des affaires foireuses. Aujourd’hui, Cbc et Amity Bank ont la corde au cou parce qu’ils n’ont pas fait confiance aux petits salariés. Ainsi, ils n’ont pas pu supporter les charges qui se sont accumulées. C’est donc normal qu’ils soient dans la situation qui prévaut actuellement. Pour ces banques, le salarié n’épargne pas gros. Le salarié, c’est le petit garçon à qui on vire son paiements et qui prélève les petites épargnes. Les épargnes dans ces deux banques sont un peu costaudes. Mais est-ce que la situation économique du pays permettait à tout le monde d’aller épargner à la Cbc. vous allez constater que les banques qui survivent malgré des petits problèmes, sont rentrées dans le circuit des petits épargnants et les salariés. La Cbc et Amity Bank ont visé haut au point de se suicider elles-mêmes.

Félix Tawakam, cadre contractuel d’administration

ImageLa situation qui prévaut à Amity Bank et à la Cbc n’est pas enviable. Cependant, il ne faut pas condamner la Cobac. Les deux banques, ont donné l’occasion à cette institution financière d’entrer dans leurs fonds. La Cbc et Amity Bank ont affiché la mauvaise gestion de leurs établissements bancaires. Yves Michel Fotso, le dirigeant de la Cbc a d’ailleurs reconnu cette mauvaise gestion. Je ne peux que déplorer la situation qui arrive à ces deux banques camerounaises. Je crois que, à la longue si les banques nationales veulent avoir une longue durée de vie, elles doivent placer des personnes compétentes et capables d’assurer la gestion des fonds. Ces deux banques, ont donné des crédits sans garantis, des crédits flous. Ce que l’on peut déplorer, c’est la réaction un peu tardive de la Cobac car les fonds des épargnants n’étaient plus en sécurité depuis un bon bout dans Ces banques. Il ne faudrait pas qu’on revivre la situation de la Biao.

Eric Assam, transitaire

ImageLa situation de Amity Bank et Cbc est désolante. On comprend à partir de là, que les camerounais n’arrivent pas à prendre en charge les établissements bancaires qu’ils créent. Les camerounais peuvent déjà avoir peur de leurs banques. La situation de ces deux banques, montre qu’on ne peut pas avoir confiance à un camerounais dans le domaine de la gestion. Les établissements bancaires qui sont gérés par des expatriés et des occidentaux sont plus clairs dans la gestion. Les banques camerounaises ont tendance à croire que l’argent qui s’y trouve est leur propriété. Si le groupe Fotso qui est considéré comme les argentiers du Cameroun commence a avoir ce type de problèmes de gestion, je pense qu’il ne faut plus faire confiance aux banques et entreprises gérées par des camerounais.

Jean Nboya, fonctionnaire

ImageAmity Bank et la Commercial Bank of Cameroon, ont mis à nu les problèmes de gestion que nous avons dans les entreprises et particulièrement dans les banques camerounaises. La Cbc et Amity Bank, n’ont pas compris qu’il vaut mettre la bonne personne à la bonne place. Ces deux banques ont cru qu’en mettant des épiciers à la banque on aura un résultat. Les problèmes de gestion que ces banques ont affiché, sont typiques à toutes les banques gérées par les camerounais. Dans notre pays, on croit qu’il suffit d’avoir une renommée et dormir les bras croisés. La plupart des banques au Cameroun, sont remplies de gestionnaires malhonnêtes. On espère que Amity et Cbc vont servir d’exemple aux autres banques.

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