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Sam, Aoû

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Au mois d’août dernier, Madame N. Jacky vivant dans la ville de Douala, a décidé de s’offrir un appareil robot pour ses tâches ménagères. Arrivée au marché Mboppi à Douala, elle a trouvé un robot fabriqué dans un pays d’Asie en croire les inscriptions qui se trouvaient sur l’appareil. Le même appareil portait des inscriptions selon lesquelles il est fabriqué en Union européenne. L’appareil lui a été vendu à 20 000 Fcfa, avec une garantie de sept jours. Elle a utilisé le robot pendant trois jours sans problème. Le quatrième jour, l’appareil a commencé à dégager une fumée du moteur et ne fonctionnait plus. Elle est repartie au marché Mboppi remettre l’appareil, puisque la garantie courait encore. Un autre robot de même marque lui a été remis. Celui-ci n’a pas écrasé une seule fois, ayant dégagé plus de fumée que le premier. Jacky N. s’est résolue à conserver ce robot comme pièce de musée. Peut-être pourra t-elle le vendre en pièces détachées. Mais toujours est-il qu’elle a perdu 20 000 Fcfa pour un produit qu’elle n’a pas utilisé. Il s’agissait visiblement un appareil contrefait.

Combien de personnes comme cette dame sont victimes tous les jours des produits contrefaits dans nos villes et campagnes ? Combien les Camerounais perdent-ils chaque jour dans ces produits contrefaits et qui ne leur donnent pas satisfaction ? Combien de Camerounais perdent de leur vie parce que certains de ces produits ne présentent aucune norme de sécurité, encore moins de traçabilité pour ce qui est des produits alimentaires et autres ? Combien de Camerounais meurent après avoir consommé des produits pharmaceutiques dont on ignore tout de la provenance ? Qu’est-ce que ces pertes représentent à l’Etat et pour l’économie en général ?

Pertes énormes

Selon le rapport d’enquête du Groupement inter patronal du Cameroun, GICAM, sur le phénomène de la contrebande dans les trois régions septentrionales du pays, le carburant à lui seul entraîne une perte de près de 13 milliards de Fcfa par mois. Ce qui induit une perte en recettes fiscales de l’ordre de 5 milliards de Fcfa. Annuellement, c’est environ 156 milliards de Fcfa qui sont perdus par les distributeurs des produits pétroliers, et plus de 60 milliards de Fcfa qui échappent aux caisses de l’Etat. Pour un seul secteur, c’est énorme, c’est même suicidaire. Et s’il faut considérer tous les autres secteurs d’activités de l’économie, c’est asphyxiant pour une économie comme celle du Cameroun qui veut décoller.  Les effets de ce commerce illicite dans notre économie sont perceptibles, tant au niveau de la création des richesses, la création des emplois ou encore la contribution dans la formation du PIB. Pour l’année 2007, les enquêtes menées par le GICAM sur douze entreprises camerounaises, montrent que l’Etat subit des pertes de près de 70 milliards de Fcfa par an de taxes et droits de douane, et que les entreprises concernées par ces enquêtes ont perdu près de 175 milliards de Fcfa par an de chiffres d’affaires. Pendant le même temps, 217 emplois ont été supprimés, les entreprises n’arrivant plus à faire face à toutes leurs charges.

Les produits les plus touchés par ce phénomène de commerce illicite sont les produits contrefaits, ceux qui proviennent de la contrebande, et ceux qui sont l’objet de la fraude douanière. On retrouve dans ce lot les logiciels et œuvres de l’esprit, les pièces détachées automobiles, les produits électroménagers et électroniques, les produits pharmaceutiques et cosmétiques, les produits de grande consommation tels que les savons de toilette, parfums, pâtes alimentaires et autres. Ces produits passent par les ports du Cameroun, les frontières nationales, et se fabriquent aussi à l’intérieur du pays sous forme de produits frelatés, contrefaits ou encore piratés.  C’est donc face à ce tableau assez sombre que les responsables de la Cellule de lutte contre le commerce illicite du GICAM lance une campagne de communication pour sensibiliser les consommateurs, l’Etat, les hommes de médias, les organisations internationales et partenaires au développement, les opérateurs économiques et les propriétaires de marque, l’opinion publique et la société civile, les spécialistes de la propriété intellectuelle et les mandataires agréés, les organisations de défense des droits des consommateurs, les juristes spécialisés et autres. Cette campagne va durer 4 mois sur l’étendue du territoire national.

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