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Si bien que depuis sa création en 1993, la gare routière de Bonabéri tarde à prendre son envol sur un site qui manque d’aménagements. Au détriment des voyageurs livrés à la merci des chargeurs qui y font la loi.

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« Décollages » de nuit
Perché au-dessus d’une voiture Coaster en surcharge de passagers, le chargeur achève de couvrir les bagages d’une bâche. Il est 23 h. Les premiers véhicules arrivent de divers coins de la ville : Bépanda, Madagascar, Rond Point Deïdo, etc. Les convois s’ébranlent vers les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. Les voyages de nuit se font en groupe. On n’est jamais à l’abri d’une embuscade tendue par des coupeurs de route qui, souvent, ont leurs complices parmi les passagers. Avant le « décollage », certains véhicules font le plein de carburant à la station-service.
Située à la sortie ouest de Douala, la gare routière de Sodiko, à Bonabéri, a pourtant fermé depuis la tombée de la nuit. Les enfants de la rue et les agresseurs sont désormais les maîtres des lieux plongés dans une obscurité totale. Les embarquements se font à l’extérieur. Plusieurs cars sont stationnés le long de la route qui mène à la sortie de la ville. Du coup, toute une vie nocturne s’est organisée ici. Dans les agences de transport installées au bord de la route, une ou deux voitures sont en position de départ et attendent de se remplir. Il y a plusieurs « gros porteurs » de 70 places. Nombreux sont également les véhicules qui n’appartiennent pas à une agence mais à des particuliers. Ils occupent les vérandas des boutiques, des quincailleries, des débits de boissons et d’autres établissements de commerce fermés à cette heure de la nuit.
Le vendredi, les voyageurs affluent la nuit. Les gens se rendent au village le week-end pour diverses raisons. C’est, paraît-il, la saison des funérailles, qui va s’étendre jusqu’au retour des pluies. Les deuils et autres cérémonies ne manquent pas. Les destinations sont variées : Bamenda, Dschang, Mbouda, Bafoussam, Bangangté et bien d’autres villes de la région de l’Ouest. Les tarifs sont fixés à la tête du client. Cette nuit, le minimum à payer est de 3.000 F.cfa, sauf pour les voyageurs qui ne quittent pas la région du Littoral. Ils vont notamment à Mbanga, Loum, Njombe, Penja, Nkongsamba ou Melong, etc. A cette heure de la nuit, il n’y a plus de voiture en partance pour le Sud-Ouest.
Tant qu’il y a des voyageurs, quelques bonnes affaires sont possibles. Les deux bars restés ouverts s’avèrent insuffisants à contenir ceux et celles qui souhaitent « prendre une bière » avant de se mettre en route. Beaucoup de voyageurs préfèrent se regrouper autour des vendeurs de boissons installés en plein air. Il y a des bancs et des tabourets pour s’asseoir. La  moindre bouteille de boisson coûte au moins 500 F.cfa. « Je suis arrivé avec des amis à 21 h. Chacun a acheté son ticket et a réservé sa place dans la voiture qui n’est pas encore pleine. En attendant , nous prenons une bière », déclare un homme. Une femme évoque la même raison. Sa voisine se montre très méfiante à l’égard du journaliste. « Il faut faire très attention. Nous sommes entourés de voleurs qui se confondent aux voyageurs. Si tu te laisses distraire, ton sac risque de disparaître », explique la voyageuse qui jure avoir, une fois, été la victime des malfrats. Elle promet qu’ils ne l’y reprendront plus.
On ne manque pas de trouver quelques jeunes gens qui vendent du pain, des « Kumba bread » et de la sardine en conserve. Il y a surtout les vendeurs de plats cuisinés qui ont également pris d’assaut les devantures de boutiques et de magasins éclairées par une ampoule. Ici, vous trouverez du couscous, du riz, du plantain et diverses sauces : gombo, tomate, arachide. A côté, c’est le même menu, avec, en plus, des pommes sautées et du haricot. Un jeune homme ne propose que de la « banane malaxée », qui semble prisée, si l’on s’en tient à l’attroupement autour de sa table. Tous ces vendeurs de nourriture sont arrivés à la tombée de la nuit. Tout comme la jeune fille et le jeune homme qui tiennent chacun une cafétéria. Il y a aussi les deux vendeurs de viande braisée postés derrière leurs barbecues. Jusqu’au départ des derniers voyageurs, vers 1 h, les vendeurs sont encore là. « Je vends jusqu’à 2 h. Il y a encore des travailleurs de nuit qui viennent manger », lance une vendeuse de nourriture.

Les rois chargeurs
Dès 6 h, les premières voitures chargent dans la gare routière. La matinée du samedi constitue un autre moment de relative affluence. Jusqu’à la tombée de la nuit, il est interdit de charger le moindre véhicule hors de la gare routière. Cette prescription vaut également pour les agences de transport. Pourtant, la gare routière est loin de faire foule, même si les chargeurs sont unanimes à reconnaître qu’il y a plus de passagers que d’ordinaire. Ce n’est pour autant pas que ces chargeurs se les disputent moins. Eu égard à la concurrence entre les transporteurs dans la gare routière, les chargeurs sont devenus incontournables. Il y a ceux qui sont employés par une agence de transport établie. Il y a les chargeurs libres. Ils travaillent pour tout chauffeur qui les sollicite. Il y a enfin les « rondeaux »,  qui vendent leurs services à d’autres chargeurs. Un “rondeau” reçoit entre 100 Fcfa et 500 F.cfa par passager qu’il a emmené.
Les chargeurs se mettent généralement ensemble pour faire le plein d’une voiture. Libres ou employés d’agence, les chargeurs sont organisés en groupes dont les membres alternent les jours de travail. Un groupe peut comprendre jusqu’à quatorze chargeurs, étant entendu que sept travaillent un jour et les sept autres  le lendemain. Cela permet de limiter la concurrence afin que chacun puisse se retrouver avec une recette conséquente au terme de sa journée de travail. Quelques chargeurs travaillent de nuit uniquement. Pour un véhicule chargé, le groupe de chargeurs reçoit entre 2.000 Fcfa et 15.000 F.cfa en fonction de la capacité du véhicule et de la recette versée au chauffeur.
Malgré le regroupement des chargeurs, c’est à leur niveau que se manifeste rudement la concurrence entre les transporteurs. Postés à l’entrée de la gare routière, certains chargeurs sont très attentifs aux mouvements des personnes et des voitures. Une femme sort à peine d’un taxi qu’elle est assaillie par des individus qui lui posent tous la même question : «Vous allez où ? » Puis les interrogations s’enchaînent par une liste de destinations : « Nkongsamba ? Melong ? Bafoussam ? Bangangté ? Bafang ? Dschang ? Bamenda ? Buéa ? », etc. Certains se disputent sa main sans même savoir où elle va. « C’est Bandjoun », lance finalement la femme, visiblement embarrassée et tiraillée. Dès lors, certains cessent de la suivre et sont déjà à l’affût d’autres passagers. Mais dès que la dame a dévoilé sa destination, elle est plus que jamais assaillie par un groupe restreint. Il faut surtout éviter de lui montrer une voiture vide. Finalement, la dame se laisse conduire par un chargeur vers un autobus Coaster dans lequel quelques passagers attendent. Les autres chargeurs ne lâchent pas prise pour autant. Ils essaient de la décourager jusqu’au moment où elle achète son ticket de voyage à 3.000 F cfa.
Avec son sac à main comme seul bagage, cette voyageuse s’en est plutôt bien tirée. Les choses s’avèrent plus compliquées pour cette autre, arrivée avec des bagages et sa fillette. La femme a dû user de sa force pour récupérer son enfant qu’un chargeur avait déjà installée dans une voiture. Arrivé à la gare routière à bord d’un taxi, trois voyageurs descendaient encore que leurs bagages sont déjà sortis de la malle du taxi et prennent des directions différentes. Les jeunes hommes, eux-mêmes tiraillés de toutes parts, n’ont retrouvé leurs biens qu’après une chaude engueulade avec quelques chargeurs. Autant ceux-ci savent se plier en quatre pour essayer de convaincre un passager, autant ils peuvent l’injurier en cas d’échec.
Un chargeur a réussi à convaincre un homme et son épouse lorsque ceux-ci ont reconnu un autre chargeur. Le couple a donc décidé  d’aller avec celui-ci. Mais le premier chargeur a expressément gardé un des sacs appartenant au couple. « Tu as pris les passagers non ? Pourquoi me demandes-tu encore leurs bagages? », rétorque-t-il, lorsque son confrère lui réclame ledit sac. Il a fallu une violente dispute pour que tout revienne dans l’ordre. Le sac aurait pu ne jamais réapparaître. Les cas de vols sont récurrents. Ajouté à cela, la disparition des portefeuilles, des bijoux et d’autres objets personnels. Les chargeurs clament leur innocence et pointent du doigt les voleurs qui se sont infiltrés dans la gare routière. S’il est vrai qu’il y a des voleurs, ceux-ci profitent souvent de la confusion créée par les chargeurs lorsqu’ils se disputent les passagers. Ce matin, deux chargeurs en sont venus aux mains. N’ayant pas travaillé la veille, l’un n’a pas supporté la concurrence d’un membre de son groupe qui était de service. Les deux colosses se seraient longuement battus n’eût été  l’intervention de leurs camarades. Entre chargeurs, le moindre différend peut dégénérer en affrontement physique. Autrement, ils se crient dessus à longueur de journée.
Ce manque de solidarité n’est que de façade. Ils s’entendent toujours lorsqu’il faut « enchaîner » des passagers. Cette pratique est l’apanage des chargeurs libres, qui utilisent comme appâts les véhicules presque pleins des agences. C’est connu que les passagers ne vont jamais vers une voiture vide. Le passager achète son ticket de voyage, content d’être le dernier passager d’une voiture. Mais découvre qu’il est en réalité le premier d’un autre garé à côté. « La supercherie est bien connue. Cependant, beaucoup continuent de se faire prendre car le tout, c’est de savoir embrouiller le passager et lui assurer qu’il voyagera dans un véhicule presque plein », explique un chargeur. Parfois,  des chargeurs remplissent eux-mêmes un véhicule pour attirer des passagers. Vous voilà arrivé à 10 h et jusqu’à 14 h, vous attendez encore. Des fois, un passager explose de colère et exige d’être remboursé. Le chargeur feint d’abord de l’ignorer. Puis une violente dispute éclate. Le chargeur est passé maître dans l’intimidation et les menaces verbales. Aidé en cela par ses collègues qui deviennent faussement compatissants à l’égard du client en lui faisant comprendre qu’il a tort. Le passager découvre alors que son ticket ne porte ni le nom de l’agence ni le numéro de la voiture dans laquelle il espérait voyager. Trop tard. Il fallait vérifier avant. Même     en allant au poste de police, vous n’aurez pas gain de cause. Autant d’arguments qui poussent finalement la victime à se résigner. Elle remonte dans le véhicule et observe avec un certain amusement comment d’autres nigauds seront attrapés.
Les chargeurs ont une règle : ne pas rembourser au passager l’argent encaissé ou n’en restituer  qu’une partie. Le manège marche bien. Sauf quand un passager, comme cette dame, réussit à arracher un paquet de billets de banque des mains de son bourreau. Celui-ci n’a pas eu d’autre choix que d’accepter qu’elle prélève ses 3.500 F cfa. Aussi, les chargeurs ne se risquent-ils pas “d’enchaîner” un policier, un militaire ou un gendarme en uniforme. Au contraire, celui-ci est ménagé et installé à la cabine. Ainsi, durant le voyage, le véhicule ne subira aucun contrôle.

Un milliard de F.cfa pour aménager la gare routière
La confusion qui règne à la gare routière de Bonabéri est en partie due au fait qu’elle ne dispose guère d’aménagements adéquats. Les transporteurs évoluent sur un espace vague. Il n’y a ni terminal d’embarquement, ni terminal de débarquement. Les véhicules sont chargés en plein air. « Auparavant, il fallait arriver tôt le matin pour occuper une bonne place. Aujourd’hui, chaque agence a fini par se fixer à un endroit, bien que les limites avec le voisin ne soient pas matérialisées », explique un responsable d’une agence. Les passagers sont d’autant plus confus que les guichets ne sont indiqués nulle part. Les caissiers se confondent à tout le monde. Ils sont parfois installés sur une table quelconque ou dans un bar. Il faut donc se laisser conduire par les chargeurs. D’où la difficulté d’éviter d’être tiraillé. « S’il y avait des locaux, les passagers se dirigeraient vers l’agence de leur choix où ils seraient à l’abri des tiraillements. Ils tomberaient moins dans les pièges des chargeurs », ajoute un autre employé d’agence.
La gare routière de Bonabéri avait été créée en 1993. Tous les travaux nécessaires n’avaient été effectués. Seuls la clôture, les servitudes, les bureaux et quelques boutiques ont été construits. Les autres espaces avaient simplement été matérialisés sur le sol. Selon des informations puisées à la Communauté urbaine de Douala (Cud), un projet d’aménagement de la gare routière existe, pour un coût estimé à un milliard de F.cfa. Une source indique que la Cud avait sollicité en vain la contribution financière des transporteurs et des commerçants installés dans la gare. Le projet prévoit, entre autres constructions, des locaux pour les agences Vip, des plates-formes d’embarquement et de débarquement, deux salles d’attente, un magasin et des parkings.
Plusieurs responsables d’agence pensent que le problème de la gare routière de Bonabéri est ailleurs. Il faut d’abord faire respecter la réglementation en ramenant à la gare tous les transporteurs qui desservent les régions de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « Certaines agences de voyages sont encore éparpillées dans la ville. En plus, des particuliers continuent de charger leurs véhicules au rond-point Deïdo et dans les quartiers. Finalement, ceux qui ont accepté de venir à la gare routière sont perdants. Ils attendent sur place des passagers qui ne viennent pas car ils sont cueillis en amont », s’indigne le chef d’une agence basée à Bonabéri. Le pis, selon lui, c’est que tous les particuliers s’arrêtent toujours à la gare routière pour établir un bordereau obligatoire pour tout voyage. Ce document est vendu à 1.000 F.cfa par les syndicats de transporteurs. « Il suffit de refuser le bordereau aux véhicules chargés hors de la gare routière. Ainsi tous les transporteurs seraient contraints d’y venir. Hélas !  les syndicats sont uniquement intéressés à vendre chaque jour un maximum de bordereaux », regrette le chef d’agence.
La Cud prévoit la construction de deux méga gares routières aux portes de la capitale économique. L’une à l’est, vers Yaoundé et l’autre à l’ouest, après Bonabéri. Les problèmes d’infrastructures et d’organisation que connaît la gare routière de Bonabéri poussent certaines personnes à s’interroger sur le projet des deux méga gares.

En aparté : Le mécanicien devenu chargeur

Moi Emmanuel Feh, je ne quitterai jamais la gare routière pour un emploi payé 150.000 F cfa le mois.

ImageVoilà déjà trois ans que je suis chargeur libre à la gare routière de Sodiko à Bonabéri. Je suis devenu fondateur, c’est-à-dire que je peux réunir d’autres chargeurs pour former un groupe de travail. Il est pratiquement impossible à un individu de charger tout seul un véhicule. J’ai gagné la confiance des chauffeurs qui me confient leurs voitures. Le secret, c’est d’être honnête envers eux en leur déclarant exactement les montants perçus auprès des passagers. Sinon, le chauffeur s’en rendra lui-même compte au cours du voyage.
Lorsque nous chargeons un véhicule en groupe, le chauffeur nous verse un montant qui dépend non seulement de la capacité du véhicule, mais aussi de la recette que nous avons réalisée. En principe, c’est 2.000 F cfa pour le chargement d’une voiture de 30 places en partance pour la région de l’Ouest. Mais, selon que nous réalisons une recette de 100.000  Fcfa ou de 120.000 Fcfa, par exemple, la commission n’est pas la même. Ainsi, il arrive d’avoir 15.000 F cfa pour le chargement d’un seul véhicule. Les membres du groupe désignent parmi eux un caissier qui garde l’argent au fur et à mesure du chargement des voitures. Au terme de la journée, le gain total est équitablement réparti. S’il y a un reliquat, le caissier peut l’empocher si les autres sont d’accord.
Seulement, il y a des malhonnêtes qui essaient de détourner une partie de la recette journalière. Lorsqu’il y a un reliquat après le partage, certains chargeurs s’en approprient au nom de je ne sais quel droit d’aînesse ou d’ancienneté. C’est pourquoi j’ai quitté mon groupe. Ce qui m’a valu une bagarre. Je vais former un autre groupe.
C’est difficile d’être chargeur car il faut avoir les nerfs solides, mais il y a de l’argent à se faire dans cette gare routière. J’arrive le matin avec 100 F.cfa et je rentre le soir avec 10.000 F cfa. Tout se paie ici : déplacer un bagage, donner un renseignement, etc. Des fois, je suis moi-même chauffeur et je reverse la recette au patron. Même si je suis à la gare routière pour un temps, je ne quitterai pas cet endroit pour un emploi payé 150.000 F.cfa le mois.
Je suis arrivé à Douala il y a huit ans. J’ai appris le métier de mécanicien. Mais c’était dur de s’en sortir. A 32 ans, je suis marié et père de deux enfants.

 

Clichés :  Plaisirs d’avant voyage

Contre 1.000 Fcfa, des professionnelles, elles, vous conduisent au «7ème ciel » dans un local aménagé près de « Kwassa Kwassa Bar ».

ImageIl est bientôt minuit, cette nuit de vendredi à samedi. Une légère brise souffle. Dans leurs va et vient, les véhicules soulèvent la poussière sur cette route qui mène à la sortie ouest de la ville de Douala. C’est ici que la gare routière se déporte, le soir venu. Des personnes attendent depuis un moment devant le bar dénommé « Kwassa Kwassa ». Elles apprennent qu’il n’y a plus de voiture en partance pour la région du Sud-Ouest. Trois jeunes hommes décident d’aller chez les prostituées, qui n’ont cessé de leur tourner autour depuis leur arrivée. « A force de les regarder, j’ai eu envie d’elles », avoue l’un d’eux plus tard. Chacun a disparu derrière une porte, dans un couloir, avec une fille de joie. Peu après, ils sont ressortis la mine gaie, eux qui stressaient tout à l’heure de ne pouvoir voyager. Selon les témoignages, les chargeurs et les chauffeurs vont également chez ces filles. Une bonne partie de leurs clients est cependant constituée de personnes venues simplement se « soulager », comme on dit ici.
Elles auraient pu passer inaperçues, noyées dans la masse des voyageurs. Mais ces prostituées de la gare routière se distinguent par leurs tenues aguichantes. Certaines parties de leurs corps sont carrément à découvert. On ne les trouve nulle part que devant le bar « Kwassa Kwassa ». Elles rôdent et se présentent à tout homme qui arrive, qu’il soit un voyageur ou un simple passant. Elles reçoivent sur place. C’est 1.000 F.cfa le service express. Des locaux ont été aménagés derrière un couloir contigu au mur de « Kwassa Kwassa ». Deux colosses tiennent la porte. On n’y entre pas tout seul. Il faut tenir la main de l’une de ces belles de nuit. Au bout de quelques instants, la fille sort en premier, suivie par son client, comme s’ils ne s’étaient jamais connus.
Pour achever de faire de l’endroit un coin de joie, un jeune homme braise de la viande et une jeune fille tient une cafétéria dans le couloir. Tout le monde fait de bonnes affaires.

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