Sidebar

23
Sam, Mar

International
Typography
  • Smaller Small Medium Big Bigger
  • Default Helvetica Segoe Georgia Times
Le franc CFA est devenu une sous-monnaie de l’euro lorsque le franc français a cédé la place à la nouvelle monnaie. A cette époque, la crainte affichée par Pierre Messmer d’assister aux méfaits d’une monnaie forte entre les mains de gouvernements incapables de maîtriser l’inflation.Cette incapacité est l’une des causes de la pauvreté dans les pays des zones CFA : les prix flambent, alors que les rémunérations stagnent depuis plusieurs dizaines d’années.

La faiblesse des rémunérations versées en Afrique, devrait attirer les investisseurs, les donneurs d’ordres industriels et, plus généralement, les entreprises de main-d’œuvre. Or, malgré les efforts de certains gouvernements, des chefs d’entreprises conscients des exigences de qualité des clientèles européennes, il n’en est rien. Les investissements extérieurs restent maigres ; l’industrialisation stagne. Le prétexte du manque de main-d’œuvre ouvrière qualifiée est parfois brandi ; il est faible : la formation professionnelle continue des adultes est active au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, etc.

Une cause structurelle anéantit l’effet positif qui pourrait être tiré de la faiblesse des rémunérations : le lien rigide qui unit le franc CFA et l’euro, dans un environnement juridique qui exclut les barrières douanières.
Depuis le traité de Maastricht (1992) décidant la monnaie unique et les dispositions adoptées le 1er juin 1998 instituant la Banque centrale européenne (BCE) dont le principal objectif consiste à maintenir la stabilité des prix ; c’est la meilleur contribution que la politique monétaire peut apporter à la croissance économique et à la création d’emplois. Concrètement, la BCE doit maintenir, au sein de la zone euro, l’inflation annuelle « au dessous, mais à un niveau proche, de 2 %, sur le moyen terme ».

Les reproches que certains politiciens adressent par voie de presse au gouverneur de la BCE, sont injustifiés : il ne lui appartient pas de modifier les statuts de l’établissement, qui ont été déterminés par les représentants des États et inscrits dans des traités.

Depuis sa création jusqu’en 2008, la BCE a donc appliqué une politique visant à maintenir l’euro à un prix élevé. À aucun moment, le conseil des gouverneurs n’a envisagé de faire de l’euro une monnaie de réserve concurrente du dollar. Seule la crise bancaire de 2008 a conduit à adopter des mesures exceptionnelles de soutien dont Jean-Claude Trichet a annoncé la fin progressive à l’issue de la dernière réunion mensuelle de l’année du conseil des gouverneurs de la zone euro, le jeudi 3 décembre.

En face, le gouverneur de la Banque fédérale américaine (Fed) en concertation avec le gouvernement américain, soutient le redressement économique de l’USA à l’aide d’une monnaie sous-estimée de 30 % environ. Une grave retombée pour les pays d’Afrique, est « l'arrimage de facto du yuan (au dollar) » dont l’effet est une sous-évaluation du yuan de 260 %.
Cette sous-évaluation dissuade les opérateurs industriels de porter leurs délocalisations vers l’Afrique ; elle fausse la concurrence entre sous-traitants africains et chinois au profit de ces derniers.
Le taux arbitraire du yuan favorise la diffusion en Afrique de produits importés de Chine, dont la qualité est souvent contestable, mais dont le prix est très faible.

Les apparentes « générosités » chinoises au profit des États africains ne restituent qu’une fraction des profits réalisés par les firmes de l’Empire du milieu au détriment de celles du continent noir, tout au moins de la part de ce continent assujettie au franc CFA.

Les banques implantées dans les pays des zones CFA sont d’autant moins coupables de « crédits pourris » qu’à l’image de celles de France, elles n’ont consenti des crédits depuis des décennies qu’avec la plus extrême méfiance. Il en est qui, pour cautionner l’attributaire d’un marché public, lui ont imposé déposer une somme égale à celui du cautionnement.
La zone CFA souffre donc simultanément du comportement de ses banques, d’une concurrence externe déloyale et d’importations qui plombent sa balance commerciale et excluent la création d’une industrie locale. Son développement est donc bloqué. La seule défense serait l’érection de barrières douanières interdites par les institutions internationales, dont l’OMC dont le directeur général, Pascal Lamy, est membre du parti socialiste.

Overall Rating (0)

0 out of 5 stars
  • Aucun commentaire trouvé
Ajouter un commentaire