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Mer, Avr

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L’étude de Africa infrastructure country diagnostic (Aicd), récemment rendue publique est alarmante sur le degré de dégradation des infrastructures en Afrique. Le diagnostic effectué dans 24 pays d’Afrique, dont le Cameroun, indique que «l’état déplorable des infrastructures dans l’Afrique subsaharienne, notamment ses infrastructures d’électricité, d’eau, ses routes et sa technologie de l'information et des communications (Tic), freine la croissance économique des pays de 2 % chaque année et limite la productivité des entreprises jusqu’à 40 %».

Intitulée «Infrastructures africaines : une transformation impérative», l’étude menée conjointement par la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de développement, la Banque de développement de l’Afrique australe, le Consortium pour les infrastructures en Afrique, le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique et la Banque mondiale ; estime «les besoins annuels pour la prochaine décennie à 93 milliards de dollars (environ 42.000 milliards de Fcfa), soit plus du double des estimations initiales. Ce montant représente environ 15 % du produit intérieur brut (Pib) africain, et est comparable aux investissements de la Chine en infrastructures au cours de la dernière décennie».

Plus de la moitié de cette enveloppe, apprend-on, doit être consacré à la résolution de la crise d'approvisionnement en énergie électrique qui frappe actuellement le continent africain et entrave fortement sa croissance. En effet, indique le rapport «des coupures d’électricité chroniques affectent 30 pays d’Afrique; la capacité de génération installée de 48 pays de l’Afrique subsaharienne atteint un total de 68 gigawatts, soit une capacité qui est comparable à celle de l'Espagne, et dont un quart n’est pas disponible en raison de la vétusté des centrales et du manque de maintenance. Avec un coût moyen de production de 0,18 dollar (environ 81 Fcfa) par kWh, l’électricité africaine est chère comparée au reste du monde, mais les échanges énergétiques régionaux pourraient réduire substantiellement les coûts».

Téléphonie mobile
La situation dans le secteur de l’approvisionnement en eau n’est guère reluisante. «Moins de 60 % de la population africaine à accès à l’eau potable et seuls quelques pays sont en passe d’atteindre leurs Objectifs du Millénaire pour le développement. Avec plus de 60 cours d’eau transfrontaliers en Afrique, le développement d’infrastructures de grande échelle destinées à gérer l’utilisation de l’eau et à éviter les conflits est un défi gigantesque. Au cours de ces 40 dernières années, le développement de nouvelles terres irriguées s’est limité à 4 millions d'hectares, contre 25 et 32 millions d’hectares pour la Chine et l’Inde respectivement».

Dans le secteur des transports, conclut le rapport, les infrastructures africaines se caractérisent par «une connectivité aérienne en déclin, des ports mal équipés, des réseaux ferroviaires obsolètes et un accès insuffisant aux routes utilisables en toutes saisons (…) Un manque de concurrence dans le secteur du transport routier maintient les tarifs de transport à des niveaux inutilement élevés, tandis que les lourdeurs bureaucratiques limitent la vitesse du trafic de marchandises à moins de 12 kilomètres par heure dans les corridors internationaux (la vitesse d’une charrette tirée par un cheval) alors que les camions peuvent atteindre des vitesses de 60 km/heure».

Le seul éclair qui jaillit de ce rapport présenté comme étant l’un des «plus détaillé jamais réalisé sur l’Afrique» se trouve dans le secteur des Tic, notamment la téléphonie mobile, secteur dans lequel l’Afrique a fait des progrès sensibles, bien qu’étant toujours à la remorque par rapport à d’autres pays pauvres. En effet, «le nombre d'utilisateurs de téléphones mobiles en Afrique est passé de 10 millions en l’an 2000 à plus de 180 millions en 2007. Entre 1992 et 2005, l’investissement du secteur privé dans les infrastructures Tic a atteint 20 milliards de dollars (9000 milliards de Fcfa), mais les prix des services restent trop élevés. En 2007, le prix moyen des services mobiles prépayés s’élevait à 12,58 dollars (5850 Fcfa) par mois en Afrique, soit six fois plus que les 2 dollars (900 Fcfa) payés au Bangladesh, en Inde et au Pakistan».

B. R. M.

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