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Quatre bateaux contenant une cargaison de 100 mille tonnes de ciment d'origine asiatique engorgent l'espace portuaire depuis le 24 janvier. Ces quantités de ciment importé font partie de l'opération lancée en 2008, à la suite des pénuries constatées dans le marché du ciment par les autorités. Pour juguler la crise du ciment, le chef de l'Etat autorise l'importation à hauteur de 10 milliards de Fcfa de ciment. Deux ans plus tard, le ciment dont les premières cargaisons étaient attendues en novembre 2009, est finalement arrivé au mois de janvier dernier. Mais, les conditions d'enlèvement de la cargaison divisent les différents intervenants de la chaîne. Parmi les problèmes évoqués par certains opérateurs, il y a celui relatif à la faiblesse de la surface financière des importateurs.


" On ne peut pas autoriser la sortie de cette cargaison du port sans garantie. Il faut d'abord que les importateurs paient les quantités qu'ils souhaitent commercialiser auprès de la banque ", a indiqué le directeur général du crédit foncier hier au cours d'une réunion de crise présidée par le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, dans son département ministériel.
Les opérateurs justifient l'immobilisation de cette cargaison qui cause des retards d'enlèvement, par le non-respect de la cadence d'approvisionnement initialement négociée avec la société Fortress, le fournisseur du ciment. " Nous avons convenu d'un rythme de livraison de 25000 tonnes de ciment toutes les deux semaines. Mais, à notre grande surprise, le fournisseur a plutôt envoyé quatre bateaux avec une cargaison de 100 mille tonnes. Ce qui nous pose un énorme problème. Toutes les facilités que nous demandons à la banque aujourd'hui pour nous épauler sont bottées en touche ", explique Emmanuel Ze Mendoua, président du groupe d'initiatives communes des importateurs.

Contrat
Pour la société Fortress, des aléas indépendants de la volonté de la société sont à l'origine de cette arrivée massive et incontrôlée de ciment. " Nous avons eu des retards de livraison au mois de novembre dernier. Nous avons expliqué aux importateurs que nous ne pouvions plus respecter le calendrier initial ; et on leur a proposé un nouveau calendrier qu'ils ont validé ", relève le représentant de Fortress.
Les importateurs invoquent aussi des problèmes de frais liés à la manutention. " Chaque opérateur a payé ces frais dans le contrat que nous avons signé le fournisseur, sans oublier que nous avons payé 15 millions de Fcfa à la Standard chartered bank pour être éligible à ce programme spécial d'importation de ciment. Aujourd'hui, la même banque nous demande encore de payer les frais de manutention qu'elle aurait dû reverser à l'acconier, ce que nous n'acceptons pas ", souligne le président du Gic.

Pour ce qui est des 15 millions, la Standard chartered indique ces fonds représentaient des frais liés à la délivrance des lettres de crédit. " Ces fonds couvraient les frais de facilités qui s'élevaient à 6 millions de Fcfa. Et à cause de l'incapacité des importateurs à trouver un fournisseur, les lettres de crédits étaient tout le temps reportées, prorogées, ou simplement annulées. Or, nous avons des frais de confirmation à payer à notre niveau, d'autant plus que le dépôt du Crédit foncier n'était pas libre, cela nous coûtait beaucoup en terme d'intérêts ; c'est pourquoi, dans la foulée, face à l'incapacité des importateurs à trouver un fournisseur fiable, on a dû nous-mêmes engager les recherches pour un fournisseur ", explique le représentant de la banque.

Visiblement perdus dans les explications de la banque, les importateurs récusent ces déclarations et pointent du doigt le partenaire financier de leur a servi un contrat d'adhésion. " On n'a jamais été associés à la recherche d'un fournisseur. La banque nous a appelé pour dire qu'elle avait déjà trouvé un fournisseur. Elle nous a donné des documents en anglais qu'il fallait simplement signer. Ce que nous avons fait parce que nous lui faisions confiance. Mais aujourd'hui, on se rend compte que le contrat cachait des choses que la banque aurait dû nous expliquer en tant que client ", précise un importateur, qui ajoute que la banque, en plus de s'être emparée de la recherche du fournisseur, l'a imposé aux importateurs, et leur a aussi imposé un acconier, alors qu'un appel d'offres national avait été lancé en vue de la sélection d'un agent maritime.

La banque qui reconnaît néanmoins que le fournisseur fait partie de sa clientèle, nie son implication dans cette démarche. " Nous n'avons été qu'un facilitateur entre le fournisseur et les importateurs. Et le contrat qu'ils ont signé avec le fournisseur est un contrat coût-assurance-frêt, qui donne la liberté au fournisseur de choisir son acconier ", se défend la banque. Le programme spécial d'importation du ciment qui a vu l'éligibilité de 12 importateurs parmi lesquels Cts, Abul Sa, Mount Cameroon, Sotrabel, ou encore Dj Ceramica, est menacé du fait de la collusion de divers intérêts.

Pierre Célestin Atangana

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