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Mar, Oct

Economie
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La pose de la première pierre est annoncée alors que l’entreprise chinoise qui a gagné le marché de construction de cette infrastructure n’a pas encore signé son contrat. 

L’entreprise chinoise, China First Highway Engeneering Company (Cfhec), qui a gagné le marché de construction de l’autoroute Yaoundé Douala, longue de 196 Km, est prête pour le démarrage des travaux de gros œuvre. Mais dans le même temps, la question des indemnisations n’est pas encore résolu alors que le ministre des Travaux publics, Patrice Amba Salla, annonce la pose de la première pierre dans un mois. Un délai que ne partage pas l’entreprise chinoise qui indique que, pour ce qui concerne les travaux de déforestation par exemple, il lui faut un délai de deux mois francs. Aussi prend-elle à contre-pied le ministre des Travaux publics, dont la déclaration précipitée semble aussi poser un problème aux populations riveraines, touchées par le projet, qui attendent encore d’être indemnisées.

Mais les délais de démarrage des travaux coincent surtout du fait des incompréhensions entre le ministère des Travaux publics et l’entreprise chinoise. D’après des membres du comité, les instructions du ministre ne sont pas respectées par la Cfhec qui ne suivrait que son propre timing. «Par rapport au chronogramme arrêté par la direction des investissements et de la protection de l’environnement routier (Diper) ; à ce jour par exemple, on devrait avoir signé le contrat d’assistance à la maîtrise d’ouvrage mais ce n’est pas encore fait», indique un cadre de cette direction.  

Pour la China First Highway Engeneering, la question des indemnisations ne peut connaître meilleur sort que lorsque le comité des gouverneurs aura siégé à l’effet de statuer sur le niveau d’évaluation des personnes à indemniser et des emprises totales à exproprier. Selon des sources proches du projet, le dossier coince au sujet de la superficie des emprises à exproprier. «D’après une directive de la banque mondiale, signale un cadre du ministère des Travaux publics, l’on doit libérer 50 mètres de part et d’autres du tracé soit 100 mètres au total ; mais le gouvernement exige que cela se fasse sur 100 mètres de chaque côté de la route ; ce qui entraîne des surcoûts énormes et gonfle la facture finale du projet.»

En l’état actuel de l’avancement du projet, beaucoup d’insuffisances sont encore à noter. Si l’on s’en tient au cahier des recommandations issues des précédentes sessions du comité de pilotage et de suivi de ce projet, notamment celle du 7 décembre 2012, il ressort que sur les 23 recommandations adoptées et inscrites à l’exécution en urgence, près d’une dizaine n’est pas mise en œuvre. L’on peut ainsi citer celle relative à la saisie des opérateurs de téléphonie mobile, afin d’assurer l’amélioration de la qualité des réseaux le long des 196 kilomètres du tracé. En plus des balises du réseau des télécommunications à installer avant le démarrage des travaux, il y a la conception de l’électrification de l’autoroute en partenariat avec la Cfhec qui tarde à démarrer, la définition des caractéristiques géométriques requises pour les ouvrages d’art et hydrauliques envisagés sur l’autoroute.

Le raccordement de l’autoroute à l’actuel axe lourd Yaoundé-Douala nécessite la production d’un dossier technique non encore exécuté, sans oublier la réalisation d’une étude d’impact environnemental le long du tracé. A cela s’ajoute le fait que les ingénieurs de génie civil commis au suivi des travaux de cette infrastructure, ne sont pas encore inscrits au tableau de l’Ordre national des ingénieurs de génie civil. Ce qui limite leur marge de manœuvre et leur champ d’intervention.

L’autoroute, qui va coûter 500 milliards de Fcfa, se résume en 18 millions de mètre cube de terrassements, neuf grands ponts à construire sur le tracé pour une longueur totale de 2700m, deux ponts moyens et un petit d’une longueur de 100m. L’on peut également noter qu’il y aura 24 ponts de passage de 700m, 27 passerelles, trois échangeurs, deux aires d repos, une gare de péage et pesage sur l’axe de l’autoroute et trois gares péages et pesage sur les bretelles. En plus de ces caractéristiques, il est prévu un plan d’aménagement de l’autoroute aux périphériques de Yaoundé.

© Mutations : Pierre Célestin Atangana

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