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Sam, Mar

Economie
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Les Camerounais étaient déjà habitués à l’escroquerie grotesque française et autres coups fourrés européens. Voici qu’en plein troisième millénaire, les américains chantres de la rigueur et de la démocratie, entrent eux aussi dans la danse en livrant au Cameroun de vieilles carcasses de secondes main après une campagne publicitaire d’arrivée de véhicules neufs. Le ras-le-bol est général dans la capitale. Les têtes vont tomber.« Qui a osé organiser pareille mascarade » s’interrogeait un habitant d’un quartier périphérique de la capitale camerounaise, après avoir effectué un voyage à bord d’un nouveau bus de transport urbain de la cité exploité par la société « Le Bus ». C’est que la curiosité est de taille, celle de constater qu’en lieu et place de véhicules flambants neufs qu’indiquaient les affiches publicitaires, les yaoundéens ont découvert, il y a quelques semaines des vieilleries importées d’Europe pour remplacer les chinoiseries estampillées Higer amortis seulement après trois années d’exploitation.

Qui eut crû à une telle prouesse venant des partenaires américains souvent présentés comme meilleur exemple de coopération ou de joint venture. Les américains sont réputés pour leur sens élevé de l’honneur.  La transparence et l’objectivité meublent généralement les transactions commerciales et font du pays de l’Oncle Sam, le creuset du « quality of business ». C’est ce qui fonde d’ailleurs le bon accueil qu’a eu la société Taug partenaire américain de la société « Le Bus » concessionnaire de l’agrément de transport urbain à Yaoundé. Après l’échec retentissant de la défunte Sotuc qui utilisait du matériel français de marque Renault, c’est avec enthousiasme que l’expertise américaine tant appréciée fut accueillie, les business men américain étant crédité d’une bonne dose de bonne foi. Malheureusement les problèmes vont élire domicile dans la société et son premier directeur général Bokwe Mofor est poussé à la démission.

 Quelques mois plus tard, c’est la société « Le Car » actuellement sur le coup d’une suspension du ministère des transports et qui opère dans le transport interurbain qui entrait dans la zone de turbulence assortie du limogeage de son directeur. Voici les américains surdoués et surhommes face à la réalité du terrain, incapable de mener à bon port un projet qu’on avait dit avoir été bien monté dans la pure tradition anglo-saxonne. Mais l’acuité du problème du transport urbain a amené le Délégué du gouvernement Gilbert Tsimi Evouna à solliciter l’aval du Conseil de communauté pour la création d’une deuxième société de transport urbain dans la ville de Yaoundé. Quitus lui a été donné par les conseillers et les yaoundéens attendent avec impatience cette nouvelle société de transport urbain qui viendrait corriger les erreurs de la Sotuc et de Le Bus.

La mésaventure américaine dans le transport urbain à Yaoundé prouve à suffisance la délicatesse de ce secteur d’activité dans le tissu économique national. Il importe dorénavant une rigoureuse étude de marché au préalable avant l’octroi d’un agrément à un opérateur. Des sociétés de transport existent de part le monde, comment admettre qu’il ne puisse avoir une au Cameroun ? Le gouvernement est ainsi interpellé pour mettre de l’ordre dans ce secteur sensible. Il est impérieux de ne plus laisser des pans de l’économie entre les mains d’opérateurs véreux et charlatans de tout acabit. Décidément tous les blancs volent. Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis doit vite corriger cet échec qui décrédibilise « le gendarme » du monde en terre africaine.

Les Camerounais ont tant souffert des affres d’investisseurs européens, il est hors de question que la diversification des partenaires économiques et commerciaux cause encore du tort aux populations. Français, anglais, allemands, espagnols, grecs et autres ont longtemps pillé le Cameroun, il serait regrettable que chinois, américains, australiens et autres nouveaux partenaires d’affaires le fasse. Les Camerounais ne sont plus prêts à l’accepter. La preuve les vieux bus de « Le Bus » sont boudés, les yaoundéens préfèrent les clandos.

© Le Zénith : Christophe Minko

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