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Economie
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Un bras de fer oppose depuis plus d’un mois le management américain de la société à la direction générale actuelle.

Depuis le 22 octobre, le conseil d’administration de la société Transnational Automotive Group Inc (Taug), basée  dans l’Etat du Nevada, aux Etats-Unis, maison mère de la société Tic Le Bus, a décidé de se séparer de Lal Karsan Bhai, directeur général de cette entreprise. «M. Lal Karsan Bhai n’est plus le signataire des comptes bancaires de la compagnie Tic le Bus. La décision prend effet immédiatement», peut-on lire sur l’acte notarié signé le 1er novembre par Henry Huber, président du conseil d’administration de Taug. Au-delà de cette disposition interdisant l’intervention du Dg dans les transactions financières de la compagnie, la décision du conseil d’administration met également fin à ses fonctions et le licencie des effectifs de Taug. Et dans la foulée, le conseil nomme un auditeur indépendant pour faire la lumière sur la situation de l’entreprise sous le mandat de Lal Karsan Bhai.

Le Sud-africain Philippe du Toit, président du conseil d’administration de Tic Le Bus, reçoit ainsi l’aval de Taug «de diriger la société, d’approuver, de signer, et de contresigner tous les documents administratifs avec voix prépondérante sur toutes les questions.».Vingt quatre heures après cette décision de Taug, un conseil d’administration est prévu le 3 novembre au siège de Tic Le Bus, à Yaoundé. Arrivé dans la société, Philippe du Toit, accompagné de ses avocats, est bloqué au portail de l’entreprise par des vigiles. Après une explication vive entre les forces de l’ordre qui l’accompagnaient et les vigiles, le Pca réussit à rentrer dans la salle du conseil. Il en ressortira quelques instants plus tard en colère. «Il est ressorti très en colère contre le Dg qu’il accusait de prendre des décisions sur l’avenir de la société sans l’en informer, et de vouloir lui arracher l’entreprise dont il est pourtant l’actionnaire majoritaire», indique un témoin du clash entre le Dg et son Pca.

Informées des décisions de Taug, les autorités camerounaises, par la voie de la déléguée régionale du Travail du Centre, décident de mettre fin au séjour de Lal Karsan Bhai au Cameroun. Parti du pays dans la nuit du 11 au 12 novembre, le Dg déchu rentre le 3 décembre et reprend son fauteuil, après que la tentative d’installation du nouveau Dg a échouée le 15 novembre, du fait des violences physiques sur la personne du Pca à qui l’accès à l’entreprise a été maintes fois refusée, et de l’absence de certains administrateurs au cours des six sessions convoquées depuis lors. «Des gros bras ont été recrutés par le directeur général par intérim ; ils menacent, tabassent tous ceux qui ne sont pas avec le management actuel et bloquent l’entrée de la société au Pca», témoigne un employé sous anonymat.

Ambiance
Depuis, l’entreprise qui est à son troisième mois d’impayés, est divisée entre les «pro Lal» et les «pro du Toit.» Certains employés ayant subi des dommages physiques ont dû effectuer des séjours à l’hôpital assortis de plusieurs jours d’incapacité. Dans une plainte adressée au Délégué général de la sûreté nationale, le collectif des délégués du personnel de l’entreprise dénonce le climat fait de violences, de menaces de mort et d’incitation à la haine qui règne au sein de la société. «Parmi les faits marquants de la terreur que sème sans scrupule la direction générale actuelle, les actes de brutalité commis sur tous ceux qu’elle identifie comme faisant partie du coup du Pca, les menaces de licenciement, l’incitation à la haine entre anglophones et francophones ; même les forces de police ont été à deux reprises copieusement molestées parce qu’elles se trouvaient en compagnie du Pca le 24 novembre», renseigne la plainte du personnel.

Dans une correspondance adressée au ministre du Travail et de la Sécurité sociale le 25 novembre, Philippe du Toit notifie Robert Nkili du licenciement de Lal Karsan Bhai?: «Nous avons mis fin aux services de M. Lal Karsan Bhai avec la société Tic Le Bus.» Aussi, poursuit-il plus loin dans la correspondance, «tous les contrats et accords passés entre Tic Le Bus, Taug Inc, Taug C et Lal sont désormais déclarés nuls et de nul effet.» Lal Karsan Bhai justifie son retour par la production d’un avenant d’un contrat de travail signé le 28 juillet 2010 par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Zacharie Perevet. Dans ce document, l’intéressé prétend à un salaire mensuel de 5. 319?480 Fcfa. Ce qui, d’après des proches du Pca qui l’accusent de l’avoir fabriqué, serait faux. «On lui a porté plainte pour «faux et usage de faux», imitation de signature parce que la signature qu’il y a sur ce document n’est pas conforme à celle qui est sur les documents officiels signés par le Pca», indique une source sous anonymat.

Dans la foulée de cet imbroglio, l’Etat qui avait suspendu la subvention accordée à la société depuis le 15 octobre la réhabilite (400 millions à l’ouverture de la société?; puis 235 millions par la suite) et la porte selon des sources à 400 millions de Fcfa dans l’optique d’apurer les arriérés de salaire de la société. Informé de l’ouverture d’un compte à Eco Bank pour héberger cette subvention, Philippe du Toit saisit les responsables de cette banque et les informe de la mesure d’interdiction qui pèse sur Lal. Le 9 décembre dernier, les actionnaires américains, tout en, dénonçant le climat de violence qui règne au sein de la filiale camerounaise, enjoignent une fois de plus M. Lal Karsan Bhai de libérer ses locaux.
Non sans le prévenir qu’ils vont «recourir à toutes les mesures légales au Cameroun et en dehors, pour mettre un terme à la tentative de faire main basse sur la société. Ceci est le troisième et dernier avertissement que nous vous faisons», conclut la correspondance. Dans l’impossibilité d’entrer dans l’enceinte de la société Le Bus à cause des gros bras qui en interdisent formellement l’entrée au reporter, la réaction de Lal Karsan Bhai et des autres mis en cause n’a pu être recueillie.

Pierre Célestin Atangana

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