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Economie
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Aux termes du décret du Premier Ministre, Chef du gouvernement, signé le 14 juin 2012 fixant les modalités d'identification des abonnés et des terminaux, les opérateurs, c'est-à-dire toute personne physique ou morale titulaire, d'une concession ou d'une licence et exploitant un réseau ou fournissant on service de communications électroniques ouvert au public, sont tenus d'identifier leurs abonnés ainsi que les terminaux au moment de la souscription à tout service de communications électroniques. Les opérateurs de réseaux de communications électroniques disposaient d'un délai de six mois à compter de la date de signature de ce décret pour s'assurer de l'identification de tous leurs abonnés. Aujourd'hui, si on peut constater que la plupart des abonnés ont été identifiés par Orange Cameroun et MTN Cameroon, les deux opérateurs de téléphonie mobile en activité dans le triangle national, il reste que l'anarchie qui prévalait avant l'opération n'a pas cessé. 

En effet, dans les rues de nos villes, des passants, potentiels abonnés ou non, sont accostés par des individus vendant des cartes Subcriber Identity Mobile (SIM) ou carte à puce qui s'insère dans le téléphone et par laquelle le réseau identifie le numéro de l'abonné. Le problème, c'est que le vendeur, généralement autant pressé que l'acheteur, ne s'embarrasse pas de demander à son client de lui fournir une pièce d'identité après l'achat de la carte. Conséquence, les cartes SIM continuent de se vendre comme de petits pains et leurs utilisateurs restent inconnus puisque ces cartes sont à l'avance activées. Ce qui est interdit par la réglementation. Car l'article 6 du décret du Premier Ministre dispose que l'activation de la carte SIM par les opérateurs ne peut être faite que pour les abonnements dont les détenteurs ont été formellement identifiés conformément aux dispositions arrêtées. L'utilisation clandestine de la carte achetée dans la rue peut durer plusieurs semaines avant que la ligne ne soit suspendue si l'utilisateur ne se fait pas identifier par l'opérateur ayant émis la carte à puce. 

Cette vente «sauvage» des cartes dans la rue s'effectue également au mépris de la réglementation qui prévoit que les opérateurs sont tenus d'exiger lors de la souscription d'un abonnement aux personnes physiques l'original et la photocopie d'une pièce d'identité originale en cours de validité, ou une pièce d'identité admise au Cameroun en vertu des conventions internationales. Aux personnes morales, il doit être exigé l'original et la photocopie d'un acte attestant de l'existence légale de l'entité morale; l'original et la photocopie de l'une des pièces d'identité de son représentant légal; l'adresse exacte du siège social de l'entité morale; l'identité du terminal le cas échéant. Comme on peut le constater, pendant les semaines suivant l'achat d'une carte à puce dans la rue, l'utilisateur opère incognito et peut commettre des actes illicites sans être identifié par les services de sécurité. Car faut-il le rappeler, l'opération d'identification des abonnés vise entre autres à assainir ce secteur d'activités miné par des professionnels de l'arnaque et du crime. Plus grave, l'existence à travers le pays, des centaines de milliers de «call box» crée un véritable secteur informel de la téléphonie mobile qui dilue l'efficacité et la crédibilité de toute opération d'identification des abonnés. Puisque, dans ces «call box», non seulement le tenancier utilise parfois une puce commerciale dont il n'est pas le propriétaire formellement identifié, mais en outre, les usagers qui passent par là ne sont pas identifiés avant ou après une communication. 

Conséquence, les «call box» servent de supports de communication à des ravisseurs et autres délinquants évanouis dans la nature qui disparaissent aussitôt qu'ils passent un appel destiné par exemple à la réclamation d'une rançon. 

Enfin, la loi n'ayant pas limité le nombre de puces qu'une personne physique ou morale est autorisée à acheter, neuf individus portant chacun 5 000 puces viennent d'être découverts par l'Agence de Régulation des télécommunications (ART) lors d'un récent contrôle. On peut légitimement se demander s'il est possible qu'une seule personne utilise autant de numéros. Sinon, dans quels buts ont-ils été acquis?

© Rousseau-Joël FOUTE :  Cameroon Tribune

 

 

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