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Mar, Oct

Economie
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Dieu seul sait le nombre de victimes laissées sur les routes par ceux que le jargon populaire ici appelle les «monstres de la route» et dont la caractéristique première est la totale ignorance dont ils font montre par rapport au code de la route. Exposant ainsi à tout va des milliers de vies humaines. L'embellie qui va être observée d'ici quelques semaines sur les routes, leur aspect de plus en plus praticable, va sans doute contribuer à un peu plus de fluidité et de discipline. Au cours d'une rencontre qui a eu lieu Yaoundé mercredi le 4 septembre 2013, de nouvelles mesures ont été prises par le Ministère des Transports. Finie la récréation. Le Ministère en question a décidé de mettre fin aux actes visant non seulement à exposer les vies humaines aux divers dangers mais aussi à détruire le patrimoine routier. Le principal point qui a été à l'origine des échanges concerne les surcharges. Il a été limité à 50 tonnes la charge d'un camion de marchandises et tout contrevenant ne respectant pas la consigne se verra dans l'obligation de payer une amende de 50 000 FCFA par cas de surcharge.

Les sanctions vont jusqu'au retrait de la licence, a-t-on été informé. Les postes de pesage vont être multipliés sur les routes de sorte à faire appliquer les récentes dispositions. Selon les pouvoirs publics, l'usure de la chaussée et des accotements, du fait de l'incivisme des transporteurs dont certains, en surcharge, n'hésitent pas, dans les différents postes de pesage routier disséminés à travers le pays, à corrompre des agents de l'Etat ou à user du trafic d'influence pour violer la réglementation sur le contrôle des charges, est un grand sujet de préoccupation. Car comme le dit un slogan, «construire les routes, c'est bien. Mais les protéger, c'est encore mieux». En effet, si une route bitumée subit anormalement les surcharges des camions, sa durée de vie, initialement évaluée environ 15 ans, sera forcément raccourcie. La route étant le support physique des échanges, des mouvements de personnes et de biens, c'est toute l'économie qui va souffrir de sa dégradation précoce.

Au Cameroun, la problématique de la protection du patrimoine routier se pose avec beaucoup plus d'acuité dès lors que sur les 100 000 km de routes que compte le pays, seulement à peu près 6 000 sont bitumées. Et ce réseau asphalté, très insuffisant par rapport aux besoins d'une économie en croissance, a déjà coûté aux contribuables, lors de la construction, plusieurs milliers de milliards de FCFA, quand on sait que dans divers contrats communément enregistrés au Cameroun, à quelques exceptions, un kilomètre de route revêtue est facturé à l'Etat entre 500 et 600 millions de FCFA. Dès lors, la nécessité de protéger ce patrimoine chèrement acquis est un impératif catégorique. L'importance de cette problématique impose la multiplication des initiatives visant à tordre le cou aux passages frauduleux des véhicules en surcharge qui entraînent, au-delà de la détérioration prématurée du patrimoine routier, l'accroissement des dépenses de maintenance du réseau routier, l'amortissement précoce du matériel roulant et la concurrence déloyale dans l'activité industrielle de transport.

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