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Mar, Aoû

Economie
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Le démarrage des travaux censé intervenir au mois de février 2013, au plus tard, d’après le ministère des Travaux publics (Mintp), devient de plus en plus une équation à plusieurs inconnues.
 
Tous ceux qui, au hasard de leur flânerie, se retrouvent sur la route reliant le rond point Deido au quartier Bonassama (Bonaberi), sont frappés par une constance. L’état de délabrement avancé de la tribune « officielle » construite au pas de course à droite de la brigade territoriale de Deido et devant abriter le Chef de l’Etat et d’autres personnalités le jour de la pose de la première pierre du second pont sur le Wouri. Les lattes de ce hangar à l’architecture atypique, qui n’attend que la toiture, sont toutes noirâtres, sans doute à cause des forts rayons de soleil que connait darder le soleil de la capitale économique. Mais aussi de la forte dose d’eau des pluies qui s’abattent aussi. Tout autour de l’édifice entièrement en bois, c’est un cocktail de désordre.

Les ouvriers qui s’affairaient nuit et jour sur la charpente de la tribune ont subitement déserté l’esplanade de la brigade de gendarmerie, et ce, depuis plusieurs semaines. Annoncée en janvier avec un grand tabac, la cérémonie de pose de la première pierre du second pont, qui devrait avoir pour acteur central Paul Biya, est désormais dans les oubliettes. On en parle même plus. Personne ne maitrise plus ce dossier. Pourtant, au mois de janvier dernier, les voyants étaient pratiquement au vert. En effet, après plusieurs fausses alertes et rendez-vous manqués, la pose de la première pierre du chantier de construction du second pont sur le Wouri devait intervenir au plus tard en février 2013. Dans la cité économique, on s’est beaucoup activé dans les préparatifs de la pose de la première pierre.

Le lundi 7 janvier 2013, la déléguée régionale de la communication a tenu une réunion, avec les membres de la commission chargée de la couverture médiatique de cet événement. Il était question pour Michèle Ebongue et ses collaborateurs, qui, malheureusement, n’avaient aucun représentant de la presse privée, de trouver des voies et moyens en vue d’assurer une bonne couverture médiatique de ce chantier des Grandes réalisations. C’est l’entreprise française Sogea Satom, qui a brillamment raté l’ancienne route de Bonaberi, qui devra conduire les travaux. Sans appel d’offres. Du moins un nouveau. Le dernier appel d’offres ayant été annulé par le Mintp. En effet, en septembre 2012, alors que les populations de la cité économique attendaient le démarrage des travaux en octobre 2012 comme promis, elles ont appris que l’appel d’offres lancé le 24 juin 2012 pour sélectionner l’entreprise devant conduire les travaux a été déclaré infructueux. « Le ministre des Travaux publics, maître d’ouvrage communique : conformément à l’article 8.1 du règlement du concours, l’appel d’offres international restreint n°37 pour la conception-réalisation du 2e pont sur le Wouri, à Douala, est déclaré infructueux, a écrit  Patrice Amba Salla.
 
Un projet fertile en inconnues
 
Ce communiqué laconique du Mintp est venu noyer davantage ce projet fertile en inconnues. Il a  surtout remis  les pendules à zéro et entretient encore un flou artistique, quant à ce projet très attendu à la fois par les opérateurs économiques et par les populations de la capitale économique. Depuis cette annulation, il n’y a plus de frémissements dans ce sens. Mais, de sources dignes de foi, le marché aurait été attribué au groupement Sogea Satom, sans autre appel d’offres comme l’avait indiqué Amba Salla. Cela fait exactement 21 mois que les travaux de construction du second pont sur le Wouri devaient commencer, et l’incertitude plane toujours. Pourtant, la France, le principal bailleur de fonds de ce projet a déjà donné sa quote-part.

En effet, le mercredi 13 juillet 2011, l’ancien ministre de l'Economie, de la planification et de l'aménagement du territoire (Minepat), Louis Paul Motazé a signé avec Bruno Gain, l'ambassadeur de France au Cameroun, ainsi que Gilles Chausses, directeur de l'Agence française de développement (Afd) au Cameroun, une nouvelle convention de prêt d'un montant de 100 millions d'Euros, soit 65,6 milliards de francs Cfa, destinée à financer ce projet. Cette convention est venue s'ajouter à celle déjà signée le 3 mars 2011, dans le cadre du 2e Contrat désendettement développement (C2d) évalué à 21,6 milliards de Francs Cfa. Ce qui porte  87,2 milliards F Cfa, la contribution totale du pays de François Hollande dans le cadre de ce projet. Le reliquat, à savoir 32 milliards F Cfa, sera apporté par le Cameroun qui a déjà mobilisé 10,2 milliards F Cfa à cet effet, dans le cadre d'un emprunt obligataire de 200 milliards F Cfa. 

Evalué  à 119 milliards F Cfa, ce projet était censé s'achever en 2015, en principe, au cas où il démarrait à la date initialement annoncée. Malheureusement, il a connu plusieurs soubresauts. Le second pont sur le Wouri qui devra être situé à 60 mètres en aval du pont actuel, sera constitué d'un pont routier d'environ 820 mètres de long, avec 5 voies (deux voies de circulation dans le sens Déido-Bonabéri et trois voies de circulation ainsi qu'une Bande d'arrêt d'urgence (Bau) dans le sens Bonabéri-Déido) et d'un pont ferroviaires à 2 voies de la même longueur. La largeur totale de l'ouvrage sera de 34,10 mètres. Le pont reposera sur des fondations profondes bâties sur pieux forés d'au moins 50 mètres de profondeur, sur la base de l'étude d'Avant-projet sommaire (Aps) réalisé par le Bureau d'études technique Egis route. Le pont sera raccordé à Bonabéri au droit de l'accès de la zone Magzi et à Déido au droit du boulevard portuaire par des giratoires. Seulement, il sera loin de résoudre l’épineuse équation d’embouteillages.

© La Nouvelle Expression : Hervé B.Endong

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