Avec 2.000 milliards de dollars de réserves de changes, la Chine est à la recherche de rendements intéressants. Plutôt que de tout placer dans des bons du Trésor américain offrant un rendement très faible, entreprises et autorités chinoises sont à la recherche de placements plus risqués chez eux, mais également à l'international.

115 milliards

En 2007, 40% des opérations de fusions-acquisitions menées par une entreprise chinoise ont visé une entreprise étrangère, pour un montant global de 115 milliards de dollars et des transactions d'un montant moyen de 1 milliard de dollars. Une opération de concentration sur dix dans le monde impliquait une partie chinoise en 2008. Ces opérations de croissance externe permettent non seulement à la Chine d'acquérir des actifs stratégiques (réserves minières, technologies…), mais également aux entreprises chinoises d'atteindre une taille mondiale. La Chine comptait ainsi 11 entreprises dans le classement mondial Fortune 500 en 2002; en 2008, leur nombre est passé à 29 (la France en comptait 39 la même année).

Selon les statisitiques de la CNUCED, les investissements étrangers de la Chine ont commencé à prendre de l'ampleur à partir de 2002, après l'intégration du pays dans l'Organisation mondiale du commerce. Entre 2002 et 2006, les volumes investis ont été multipliés par 14.

Flux sortants

"30% à 40% des investissements directs de la Chine à l'étranger sont conduits à travers des fusions transfrontalières. Les IDE chinois ont atteint 52 milliards de dollars en 2008, avec une balance des paiements dépassant les 170 milliards de dollars… et ce n'est que le début", écrivent les stratégistes de HSBC dans une étude publiée vendredi.

La banque estime que 2009 pourrait être la première année où les flux d'investissement sortant seront plus élevés que les flux entrants, avec 110 milliards de dollars investis à l'étranger contre 80 milliards de dollars investis en Chine.

Opposition

Mais cet appétit à l'international a parfois du mal à passer. On se souvient du tollé provoqué en 2005 par la tentative de rachat du pétrolier américain Unocal par CNOOC ou cette année, la rupture des discussions entre Chinalco et Rio Tinto pour une transaction de 19,5 milliards de dollars. Les Chinois ne sont pas uniquement à la recherche d'actifs dans les pays matures. Ils regardent beaucoup et de plus en plus les actifs des pays émergents, notamment en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine.

Une chose semble certaine. Selon l'OCDE, la Chine va être l'un des premiers pays à retrouver un rythme de croissance rapide de son économie. Ses réserves vont continuer à s'accumuler et les Chinois continuent à épargner massivement, même si les autorités veulent à terme développer une demande interne pour contrebalancer leur statut d'atelier du monde. La conquête du monde par la Chine est loin d'être terminée.