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Le dernier classement établi par le Conseil international des aéroports sur lequel s’est appuyé le magazine panafricain, Jeune Afrique pour publier un article dans son édition du 5 octobre 2013, sur l’avenir des infrastructures aéroportuaires, est évocateur du retard qu’accuse le Cameroun en la matière.

Les autorités camerounaises compétentes dans le domaine aéroportuaire ont-elles pris la mesure du classement 2013 établi par le Conseil international des aéroports (Airport Council International – ACI) ? On n’en doute. Publié en début du mois de juin 2013, il ressort curieusement que le Cameroun qu’on présente comme l’éléphant de l’Afrique centrale ou encore l’Afrique en miniature, n’a aucun de ses aéroports dits internationaux parmi les 50 meilleurs d’Afrique en 2012.

Un classement qui prend des données fournies par les autorités nationales en charge de la gestion des infrastructures aéroportuaires. Elles sont invitées à remplir une fiche contenant une trentaine d’indicateurs chiffrés rigoureusement recueillis et connus, puisque publiés sur le site de cette organisation dans sa rubrique «statistiques annuelles de trafic des aéroports». On peut citer entre autres : - les mouvements d’aviation, - les passagers commerciaux, - les passagers en transit direct, - Fret et poste, - le trafic domestique, - le trafic international, - le ou les événements ayant affecté le trafic durant la période du rapport…
 
De ce classement des meilleurs aéroports africains en 2012, on remarque que les 10 premiers sont ceux qui ont enregistré un trafic moyen de 5 millions de passagers. L’Afrique du Sud rempile à la première place et y classe deux aéroports, il s’agit de l’aéroport OR Tambo de Johannesburg (Afrique du Sud) avec 18,8 millions de passagers qui vient en première position et celui de Cap Town International avec 8,5 millions qui occupe la 3è position. Le Maghreb y aligne 7 aéroports.

 

L’Egypte qui sort difficilement du printemps arabe se tire avec la part du lion en alignant trois de ses aéroports : - l’aéroport International du Caire (Egypte) avec 14,8 millions de passagers qui vient en 2è position ; ceux aussi internationaux d’Hurghada avec 7,1 millions passagers, et de Sharm El Sheikh avec 6,6 millions de passagers, qui occupent respectivement les 6è et 7è positions ; Le Maroc occupe la 5è position avec l’aéroport international Mohammed V de Casablanca avec 7,2 millions de passagers ; - en 9è position l’aéroport international Houari Boumédiène à Alger (Algérie) avec 5,4 millions passagers ; - et en 10è position l’aéroport de Carthage à Tunis (Tunisie) avec 5,3 millions de passagers.
 
Les pays d’Afrique subsaharien se contentent du menu fretin avec deux aéroports, celui de  Murtala Muhammed à Lagos (Nigeria) avec 7,2 millions passagers qui occupe la 4è position et celui de Jomo Kenyatta à Nairobi (Kenya) avec 6,3 millions de passagers qui occupe la 8è position. En Afrique centrale, l’aéroport international de Brazzaville (Congo) avec 957.472 passagers occupe le 30ème rang ; juste derrière celui de Felix Houphouët Boigny d’Abidjan (Cote d’ivoire). Tandis que celui de Léon Mba à Libreville (Gabon) avec 839.571 passagers occupe le 33ème rang ; derrière celui d’Antanarivo (Madagascar). Celui da Bamako au Mali occupe le 45è rang et celui de Cotonou au Bénin occupe le 50è rang.

Pendant ce temps, le Cameroun n’a pas pu aligner un seul de ses aéroports internationaux dans ce To 50 les deux dernières années (2011 et 2012). Qu’en sera-t-il en 2013 ? Difficilement de le dire. Mais tout porte à croire que le miracle ne va pas se produire. Tant le Cameroun fait preuve d’un déficit sur la qualité de ses infrastructures aéroportuaires au point que la destination Cameroun se porte mal. Il y a urgence que les autorités compétentes se réveillent. Pour se mettre up to date.
 
Car l’article de Jeune Afrique, dans son édition N° 2751 du 29 septembre au 5 octobre 2013 indique que le trafic devrait tripler d’ici à 2029 sur le continent. Pour y faire face les aménagements aéroportuaires devraient suivre auquel cas cette croissance risque d’être plombée en plein vol. Car la petite taille des aéroports africains ne jouent pas en leur faveur. «84% de ces aéroports drainent un trafic inférieur à 1 millions de passagers, alors que cette proportion est de 58,7% en moyenne dans le reste du monde.» Pourtant ce ne sont pas les projets de grandes ambitions ou de grandes réalisations qui font défaut pour la plupart des gouvernants qui ont la volonté d’agrandir leurs aéroports et les mettre sur standards internationaux. Malheureusement, les modes de financement et de gestion ne sont pas suffisamment attractifs pour les bailleurs de fonds privés. Très souvent jalousement confisquées, leurs gestions sont à la charge des organismes publics, parce qu’ils sont plus considérés comme une vache à lait qu’un vecteur de croissance. Or l’implication des professionnels privés s’impose avec acuité. Cela peut se faire par un système de concession de longue durée.

Concertation au sommet
 
C’est certainement pour faire face à ces défis que l'association internationale des aéroports mondiaux (ACI), qui compte 573 membres exploitant 1643 aéroports dans 178 pays et territoires, parmi lesquels 56 membres, dont les Aéroports Du Cameroun (Adc), exploitant plus de 200 aéroports dans 47 pays en Afrique, organise depuis le 19 et ce jusqu’au 23 octobre 2013 la 22è Assemblée générale annuelle de l’ACI Afrique à Lomé au Togo. Cet événement majeur de l'industrie aéroportuaire, qui réunit des représentants provenant des six continents et de plus de 50 pays est l’occasion pour ces membres de profiter de ce réseautage pour se forger une vision commune de l'avenir des activités des aéroports africains. Placé sur le thème : «Développement des aéroports en Afrique, le temps d'agir», il traitera essentiellement des sujets clés pour les aéroports de la région, y compris : - le développement des ressources aéroportuaires et du trafic aérien, - les redevances aéroportuaires, - la maximisation du potentiel non-aéronautique, les concessions des aéroports, - le marketing aéroportuaire, les défis de la gestion des petits aéroports, - le plan de masse et la sauvegarde de l'avenir des aéroports, les stratégies de développement, - le Partenariat Public Privé et le financement des investissements, etc. Et ce sera surtout l’occasion pour échanger les expériences entres les différents aéroports membres et avec les partenaires de l’industrie. On espère que les responsables des Adc qui y prennent part ne sont pas allés en simple villégiature. On attend de voir les retombées qui permettront aux infrastructures aéroportuaires du Cameroun de rentrer finalement dans le top 50 du continent dans les années à venir.

© Aurore Plus : Mathieu Nathanaël Njog

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