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Economie
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Utilisation des Tic et de l’Internet. Des départements ministériels encore à la traîne sur l’utilisation des méthodes modernes pour faciliter la vie des citoyens.

Le 30 novembre 2010, Sylvain Ngono, fonctionnaire au ministère des Domaines et des Affaires foncières, a soumis au ministère des Finances un dossier pour bénéficier de l’indemnité de non logement.

Depuis  lors, il fait des va-et-vient au Minfi à Yaoundé pour savoir où se trouve son dossier. Sans succès. Pire encore, son dossier s’était égaré jusqu’à hier, 03 mai 2011. « Je reviens du Minfi  où j’ai enfin reçu une bonne nouvelle. Mon dossier a été retrouvé et la dame qui s’en occupe a promis que mon dossier sera traité », raconte-t-il.

Un problème qui n’existerait pas si le Minfi avait mis sur pied un système d’information sur lequel chaque fonctionnaire pouvait consulter l’évolution de son dossier à travers un portail web. « Cela faciliterait les choses, car c’est pénible de se déplacer chaque fois. C’est épuisant. C’est une perte en temps. Cela fait également trainer d’autres usagers qui ont besoin de nos services. Or, si on pouvait gérer cela via un site web, ce serait une très bonne chose », commente-t-il.
Un site web ? Le ministère des Finances n’en dispose pas encore. Depuis plusieurs années, il est en préparation. A la cellule de communication de ce département ministériel, l’on affirme que ce n’est plus qu’une question de mois. « Tout est déjà prêt », y affirme-t-on. Le Minfi n’est pas le seul ministère qui affirme cela. Au Ministère du Commerce, c’est le même refrain. Sauf qu’ici, un appel d’offres a été lancé le 15 avril 2011 pour la conception du portail web du ministère.

La gouvernance électronique (utilisation des TIC et de l’Internet par le gouvernement pour satisfaire les citoyens) avance donc à petits pas au Cameroun. En juillet 2010 déjà, le quotidien Le Jour, dans un article intitulée : « Gouvernance électronique : de nombreux services publics à la traîne », décriait déjà les lenteurs enregistrées par certains départements ministériels pour dématérialiser les procédures et ainsi faciliter la vie des usagers des départements ministériels.

Que de promesses !
Le ministère de l’Education de base(Minedub) qui gère plus de 80 000 personnels n’a pas toujours de site web. Le Minedub promettait pourtant le 20 juillet 2010 que tout sera bientôt réglé. « Nous comptons bientôt mettre sur pied un site web interactif, car nous avons reçu des instructions de la hiérarchie. Mais, vous savez, le volume d’informations à mettre en ligne est assez important. Car le Minedub, est le plus grand employeur de l’Etat, avec plus de la moitié des fonctionnaires. Il faut collecter les données et les traiter. Cela prend un peu de temps. Actuellement, nous avons terminé avec la rubrication et l’architecture du site web. Nous sommes aidés dans ce sens par Camtel », confiait Anselme Elele, le chef de la cellule de communication du Minedub en juillet 2010. Près d’un an plus tard, toujours pas de site web. Les fonctionnaires de ce département ministériel en service à l’Extrême Nord du pays sont toujours obligés de se déplacer à Yaoundé et faire la queue pour suivre l’évolution de leurs dossiers. Un calvaire.

Aujourd’hui,03 mai 2011, Anselme Elele tient presque le même discours. « Il est encore en cours de création, le site web. Il n’est pas encore activé. Nous avons confié la conception de ce site web à Camtel et avant la fin de cette année, tout sera prêt », confie-t-il. Mais, précise-t-il, il ne sera pas question d’offrir via ce portail web une dématérialisation des services. « Ce sera uniquement un site web classique. C’est bien après qu’on pourrait y intégrer la gestion et le traitement des dossiers en ligne », explique-t-il.

Idem pour le ministère du Commerce. Mirabeau Foko Kamdem est le chef de la cellule informatique de ce ministère. « La vocation première du site web du Mincommerce sera de communiquer et d’informer les producteurs et les consommateurs en temps réel.  Il est prévu la dématérialisation des services, mais c’est un processus.

Moyens financiers
La mercuriale est par exemple payante. S’il faut le mettre sur Internet, il faut s’assurer que le mécanisme de paiement électronique soit défini. Mais, il faut surtout beaucoup de temps, de moyens financiers, humains et technologiques », explique-t-il.
Si certains ministères traînent le pas, d’autres ont déjà compris la nécessité d’une présence sur le web. On peut ainsi citer le ministère de la Fonction publique, le ministère des Postes et Télécommunications ou encore la Direction générale des Douanes. Celui de la Fonction publique avait initié le suivi des dossiers en ligne. Roger Atsa Etoundi, le chef de la division informatique indiquait même que les bulletins de solde seront bientôt mis en ligne. Mais, à ce jour, le service n’est pas effectif à en croire les usagers. Les moyens financiers font défaut, apprend-on.

La Direction générale des Douanes via son site web a également ouvert un espace d’interactivité avec les usagers de la douane. Un espace forum qu’il faut encore parfaire. Au Minpostel, un réseau Intranet et une application spécifique pour une meilleure rentabilité du personnel sont mis sur pied. « C’est un logiciel maison qui permet le suivi des dossiers de telle sorte que chaque usager et personnel peut savoir à quel niveau et chez qui est traité un dossier précis », explique Albert Kamga, le chef de la cellule informatique.

Mais seulement, les initiatives gouvernementales en la matière sont distinctes, individuelles et isolées. Conséquences, explique un expert des Tic, « il ne peut pas avoir interconnexion entre les données des département ministériels. S’il y avait une interconnexion entre la Dgsn, qui fabrique les cartes nationale d’identité et l’Office du Baccalauréat du Cameroun par exemple, il y aurait moins fraudes lors des concours ». Lors du séminaire sur l’e-govAfrica organisé par le Commonwealth et le gouvernement camerounais la semaine dernière, l’on a relevé cette nécessité.  Vivement que nos ministères en comprennent la nécessité !

Beaugas-Orain Djoyum

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