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Mer, Oct

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Selon des informations puisées à bonne source, la filiale camerounaise du géant américain de l’électricité était devenue un gouffre financier. Avis d’ailleurs confirmé par son Pdg.
 
Pourquoi le groupe Aes Corporation quitte le Cameroun, alors même que son contrat de concession n’est pas arrivé à expiration ? Voilà la question qui taraude les esprits, depuis que le groupe américain à divulgué un communiqué de presse le 7 novembre 2013, annonçant la vente de la totalité de ses actions dans ses filiales du Cameroun, à savoir, Aes Sonel, Kribi power development corporation (Kpdc) et Dibamba power development corporation (Dpdc). Depuis l’officialisation de ce départ, après l’hallali sonné par l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique en mai 2013, plusieurs Camerounais restent toujours surpris.

Officiellement, la cession des  parts d’Aes au Cameroun fait partie d’une « stratégie globale de réduction de sa présence dans le monde ». Et le Pdg du groupe en fait large écho dans le communiqué de presse susdit. «Nous poursuivons la mise en œuvre de notre stratégie qui vise à rétrécir notre présence géographique. Ces ventes marquent le désengagement d’Aes de 8 pays et de 21 filiales et elles permettront au groupe d’obtenir un produit d’1,4 milliard de dollars», justifie Andrés Gluski. « Nous pensons avoir de meilleures opportunités en investissant dans nos plateformes existantes, où nous estimons avoir un avantage concurrentiel », ajoute-t-il.

Voilà pour l’information officielle, qui est épouse un langage codé, pour éviter sans doute de choquer. Officieusement, on apprend qu’Aes Sonel est l’une des filiales qui donnent beaucoup de fil à retordre au géant américain de l’électricité. «Aes Sonel est la filiale où le groupe investissait beaucoup d’argent, alors que ses résultats ne sont pas du tout impressionnants, comparés à ceux d’autres filiales. C’est pratiquement un gouffre financier », analyse une source bien introduite. On apprend aussi que les Américains peuvent partir à cause des critiques et autres insultes qu’ils essuient au Cameroun, depuis leur implantation, qu’il y ait électricité ou pas. Même le gigantesque investissement réalisé à Kribi n’a pas permis aux Camerounais de modérer leurs propos vis-à-vis de cette entreprise étiquetée comme « fossoyeuse de fonds », et traitée de tous les noms d’oiseaux, même si elle a raison.

 

Au sujet des mobiles de ce départ, Jeune Afrique en a fait large écho également. Le journal de Béchir Ben Yahmed a parlé  en premier de «l’incompréhension de ses actionnaires ». Ceux-ci, a-t-on appris, reprochent au groupe d’Arlington un manque de lisibilité de sa stratégie. « Aes est un groupe très complexe, présent dans 25 pays, qui cherche à simplifier son fonctionnement », a souligné un analyste basé à New-York, cité par l’hebdomadaire international. Le journal a aussi appris que depuis 2011, à la faveur de l’arrivée d’un nouveau dirigeant, Aes  a décidé de quitter cinq pays (Chine, France, Hongrie, République Tchèque et Ukraine) et a vendu pour plus de 1 milliard de dollars d’actifs à travers le monde.

« Il s’agit d’actifs non clés, pour lesquels il n’a pas atteint la masse critique permettant de réaliser une marge intéressante, ou bien ceux qui ne constituent pas une plateforme assez solide pour assurer un développement ultérieur ». Le journal a aussi révélé aussi qu’en février, Aes  a revendu sa filiale ukrainienne pour 113 millions de dollars, « une filiale dont les revenus sont à peu près équivalents à ceux générés au Cameroun, mais dont les actifs sont dix fois inférieurs à ceux d’Aes Sonel ». Comme pour dire que la filiale camerounaise du géant américain ne représente pratiquement rien dans son portefeuille.

Un autre analyste cité par Jeune Afrique est allé jusqu’à évaluer  à moins de 1% la part du Cameroun dans les bénéfices d’Aes, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 18,1 milliards de dollars (plus de 9000 milliards Fcfa), soit trois fois le budget du Cameroun, et emploie 25.000 collaborateurs. En tout cas, la vente est déjà effective, 220 millions de dollars américains et on attend que la position du gouvernement qui aura le dernier mot. Trois hypothèses ici. Accepter Actis, infirmer la vente et rechercher un autre repreneur ou simplement reprendre totalement la gestion de l’entreprise, une option qui pourra être semblable à un suicide financier, au regard des sommes colossales à décaisser.

© La Nouvelle Expression : Hervé B.Endong

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