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Sam, Aoû

Economie
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2011 et 2012 constituent la période de crise aiguë du secteur de la Micro-finance avec la fermeture de Cofinest, la cessation de paiement de Fiffa et de Capcol. Selon le Ministère des Finances (Minfi) ces faillites ont provoqué «une crise de confiance qui entache son image auprès du grand public. Cette situation est engendrée par les faillites qui ont entraîné la perte de l'épargne de la clientèle». Conséquence: ces contre-performances laissent les 85% de la population exclus du secteur financier formel sans solution réelle quant à la satisfaction de leurs besoins financiers. Par ailleurs, plus de 60% des enquêtés n'ont plus confiance aux établissements de Micro-finance (EMF). 

C'est pour redorer le blason des EMF que le Ministère des Finances a organisé pour la deuxième fois (après les assises du 3 décembre 2012) la formulation de la stratégie nationale de Micro-finance. C'était le 20 mars 2013 à Yaoundé. «L'on doit aboutir à un plus grand accès au financement, à la préservation des équilibres financiers», a recommandé M. Alamine Ousmane Mey, le Minfi. Il préconise aussi «l'application des normes prudentielles élaborées en 2005, l'immatriculation systématiques des EMF». 

Au 31 décembre 2011, le secteur de la Micro-finance compte environ 1,5 millions de clients et membres pour un volume d'épargnes-dépôts de 410 milliards de FCFA et 240 milliards de crédits octroyés. 

Les établissements indépendants sont au nombre de 239. Le secteur offre au total plus de 1200 guichets ou points de service. Il est dominé par les EMF de première catégorie (offrant des services à leurs membres) qui représentent 94% des établissements agréés au Cameroun avec une majorité constituée de coopératives. 

L'exercice de cette activité est régi, depuis 2002, par une réglementation commune à l'ensemble des six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) à laquelle le Cameroun appartient avec le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Tchad. Une classification distingue trois catégories d'établissements de Micro-finance. Pour la première catégorie, aucune obligation de capital ou de dotation minimum n'est exigée, mais un fonds pour le démarrage des activités. L'épargne collectée auprès des membres leur est uniquement prêtée aussi. Un minimum de 30 sociétaires ou membres est exigé pour les EMF indépendants et de 15 pour les EMF en réseau. 

Les EMF de première catégorie ont aussi l'obligation de constituer un fonds de solidarité, en permanence au moins égal à 40% du capital constitué après imputation des déficits, destiné à couvrir les pertes. Dans la deuxième catégorie, un capital minimum de 50 millions de francs CFA (100.000 USD) est exigé, l'épargne est collectée auprès des membres/actionnaires et du public, la forme juridique est obligatoirement la forme de Société Anonyme, le crédit est ouvert à tous les clients. En plus d'une réserve légale, une réserve obligatoire représentant 15% des bénéfices à affecter sans limitation de durée et de montant est exigée. 

En ce qui est de la troisième catégorie, le capital minimum exigé est de 25 millions de FCFA, les EMF concernées ne collectent pas d'épargne, leurs fonds proviennent d'emprunts, des dépôts de garantie ou des fonds laissés par les actionnaires, le crédit ouvert à tous est l'activité principale. Pour chacune des trois catégories, l'agrément est délivré par l'autorité monétaire nationale, soit le Ministre en charge des Finances, tandis que la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac) en assure le contrôle et la surveillance. S'il y a une ligne de financement extérieur, le rapport entre fonds propres nets sur ligne de financement extérieur doit être égal ou supérieur à 50%.

© Sylvain Andzongo : Repères

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