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Sam, Aoû

Economie
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C’est l'histoire vraie d'une banque qui a octroyé un crédit de plus de 20 milliards de F à un client sur la base d'un titre foncier. Le prêt est utilisé pour monter une affaire qui fait de bonnes rentrées d'argent. Seul hic, le responsable de la boîte, ne veut pas rembourser le crédit. Il décide alors d'organiser lui-même la faillite «fictive» de son business. Refusant de négocier toutes formes de remboursement avec son créancier, la banque décide de saisir le titre foncier qui avait été hypothéqué. «Seulement, au moment où les services du cadastre doivent évaluer le titre foncier, ils se rendent compte qu'il tombe sur une partie du Wouri», conclut l'auteur de l'histoire. Mauvaise foi, fausse garantie, détournement de fonds, les établissements ont fort à faire avec leurs débiteurs quand il faut rembourser les prêts. Récemment, le Conseil national du crédit du Cameroun a lancé une campagne pour interpeller les auteurs de cette pratique.

S'il est présenté comme un «fléau pour l'économie» et un «frein à la croissance et au développement», le non-remboursement du crédit est aussi source de faillite de certains établissements financiers. «Si on vous dit aujourd'hui qu'il y a des banques qui sont en difficulté au Cameroun, cela est dû au fait qu'elles se sont engagées à financer certains opérateurs qui n'ont pas pu rembourser», confie un banquier. D'après les statistiques du CNC, le montant des créances brutes en souffrance se chiffre à 328 milliards de F au 31 décembre 2013, soit 14% du total des crédits-clientèle non financiers.

Le phénomène ne s'est pas aggravé en tant que tel, mais il ne diminue pas non plus. «Plus vos parts de marché augmentent, plus vous allez vers une clientèle diversifiée y compris ceux qui ont de petits salaires, car nous allons aussi vers les retraités. Dès lors, on ne sait pas qui est qui et le risque continue de s'aggraver», explique un responsable à la Société générale Cameroun (SOC). Dans cette banque, on décrit aussi le phénomène de détournement des salaires. «Une personne peut domicilier son salaire dans une banque et après, changer la domiciliation à la source et aller vers une autre banque. Vous vous rendez compte que vous lui avez accordé un crédit et que son salaire ne passe plus chez vous», ajoute notre source. Parfois, ce sont des aléas (incendies) qui détruisent une activité ou alors l'affaire ne prospère pas. Dans ces deux cas, le débiteur a des difficultés pour rembourser le prêt, surtout s'il n'a pas assuré son business.

© Josiane TCHAKOUNTE : Cameroon Tribune

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