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Jeu, Mai

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Alors que ses laudateurs parlent d'une retraite paisible, les contempteurs du prochain ex-patron de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc) indiquent que André Siaka a été chassé de l'entreprise brassicole du fait de ses mis managements et de son enrichissement un peu trop météorique

Il y a des faits au Cameroun qui ne peuvent pas passer inaperçus ou encore ne pas attirer l'attention du plus grand nombre d'observateurs des affaires de la cité. Il en est ainsi du départ annoncé du célébrissime André Siaka qui, pendant tout le mois de décembre, sera encore le tout puissant Directeur général de la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (Sabc), entreprise brassicole leader plus connue au Cameroun sous le vocable des Brasseries du Cameroun. Et la nouvelle, déjà confirmée par le département de la Communication de cette entreprise est arrivée aux oreilles des Camerounais de façon quelque peu inhabituelle. Ce sont d'abord les employés qui en ont eu la primeur. A Travers des texto sur leurs téléphones portables, des messages dans leurs Emails, de bouche à oreille entre employés, cadres et autres temporaires de l'entreprise. Fallait-il y prêter une certaine importance tant les Brasseries du Cameroun ont, de tout temps conjugué, le passé, le présent et le futur à travers cet homme racé, André Siaka, devenu un dieu vivant dans une entreprise où tout portait b croire que tout allait bien? Que non. Il aura fallu que le département de la Communication des Brasseries du Cameroun que dirige des mains de maîtresse la dynamique Hélène Kemegne confirme l'information du départ dès le 1er janvier 2014 pour que la rumeur vraie ne circule pas davantage.

Seulement, de sources plus que jamais crédibles, André Siaka n'a pas quitté le navire Brasseries du Cameroun de gaieté de cœur. Il aurait été poussé à la démission, selon une source parisienne proche du Groupe Castel. La cause? Un goût très effréné du lucre et du luxe. En réalité, indique nos sources, André Siaka, depuis plusieurs années avait purement et simplement privatisé les Brasseries du Cameroun. C'est ainsi qu'on parle d'un recrutement à tête chercheuse des cadres où le natif de Bandjoun avait l'art de mettre en exergue ses frères qui partagent la même aire géographique que lui. L'on parle aussi, de sa propension à multiplier la sous-traitance qui en fait, n'était que ses propres sociétés pour se faire du fric. Info ou intox? Rien n'est moins sûr.

Des mauvaises langues lui attribuent d'ailleurs, en guise d'exemple, la paternité des «Clés du château», cette entité érigée en plein cœur des Brasseries du Cameroun et qui a commencé à ouvrir ses portes au-delà de la mère des sociétés brassicoles du Cameroun. Pour se faire plus convaincants, ces mêmes mauvaises langues parlent de l'état de déliquescence dans lequel il aurait plongé les Brasseries du Cameroun qui traverserait aujourd'hui, une zone certaine de turbulence. Malgré les apparences. D'ailleurs, son remplaçant, serait investi d'une mission de sauvetage qu'il vient de réussir avec succès du côté de Madagascar.

Pourtant, alors que certains de ses laudateurs estiment qu'après 36 ans passés dans cette entreprise, il était temps pour lui de prendre sa retraite, d'autres pensent qu'il se soit retiré pour sa future entrée au gouvernement. Les plus acerbes parlent même du Ministère de l’Économie et du Plan où il mettrait à profit son carnet d'adresses pour attirer davantage les investisseurs étrangers au Cameroun afin de transformer les Grandes réalisations en Grandes réussites. Il a le profil et les moyens intellectuels. La preuve. Celui qui est né le 21 janvier 1949 à Bandjoun, a une vie professionnelle fournie, assortie de plusieurs distinctions honorifiques. Diplômé de l’École Polytechnique de Paris, André Siaka est un ingénieur aguerri qui a mis son expertise au service de la société générale à Paris entre 1974 et 1976. De 1977 à 1979, il mène une riche carrière à la Sabc avant de devenir successivement, chef d'embouteillage à Yaoundé, Directeur d'usine à Douala et Directeur d'agence adjoint à Yaoundé.

En 1984, il est propulsé au rang de Directeur d'Agence Yaoundé, poste qu'il occupera pendant 2 ans. De 1988 à 2005, le Chevalier de la Légion d'Honneur de France, devient Directeur général de la Sabc. Honoré à tous les niveaux, le Consul honoraire de la Principauté de Monaco, occupe de 2005 à 2014, le fauteuil de l'Administrateur Directeur Général de la Sabc. Homme discret et méthodique, André Siaka en 2004, est désigné officier de la Reconnaissance Communautaire (Cemac) et en 2008, commandeur de l'Ordre national de la valeur du Cameroun. La lecture entrecroisée du profil de ce polytechnicien est une épreuve rude pour quiconque qui ose s'y aventurer sans méthode rigoureuse. Ainsi dans la foulée des éléments qui grossissent son parcours, André Siaka a été entre 1993 et 2008, président du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), vice-président de la banque panafricaine Ecobank et administrateur de la société Orange Cameroun. Il obtient son baccalauréat série C au collège Libermann. Son back-ground prêcherait donc en sa faveur en cas d'une nomination de la part du Chef de l'Etat. Il faut simplement espérer qu'une fois nommé, il ne se mette, dans une confusion habituelle, à privatiser le département ministériel qui lui sera confié.

© Charles Nwe : La Nouvelle

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